Son micromoteur silicium vient tout juste d'obtenir le prix du ‘Best of Innovation Awards’ dans la catégorie «Technologies embarquées» au dernier CES de Las Vegas, début janvier. A peine un mois plus tard, SilMach se distingue une nouvelle fois avec un micro-capteur miniature, qui fonctionne sans énergie.
Habituée à développer des produits hors normes issus du mariage de la technologie Mems et de la micromécanique horlogère, l’entreprise de Besançon (Doubs) innove régulièrement. «Nous saisissons des opportunités techniques qui trouvent un usage dans la société d’aujourd’hui ou qui en trouveront pour les produits de demain. Nos technologies n’ont aucune référence, ce sont des solutions techniques uniques», insiste Pierre-François Louvigné, codirecteur général de SilMach.
Innovation frugale
Le micro-capteur miniature de SilMach exploite les caractéristiques d’élasticité du silicium pour identifier et évaluer l’intensité d’un choc. La pièce en silicium monolithique, conçue avec une lame mobile et flexible, bouge en fonction du niveau de choc. Si le seuil d’intensité défini à la fabrication est atteint, la partie mobile du détecteur se déplace pour passer d’une position initiale, qui cache un voyant rouge, à une position verrouillée qui révéle le voyant. Nommé ChronoMEMS, ce nouveau produit de SilMach change d'état sans apport d'énergie.
«Les solutions actuelles enregistrent les mouvements du capteur pour en faire un traitement informatique et en déduire l’information utile sur l’intensité du choc. Notre différence repose sur une pièce mobile sensible aux accélérations. La seule information qui nous intéresse est de savoir si le choc dépasse la valeur du seuil fixé», résume Pierre-François Louvigné. A contre-courant du tout connecté et du big data, l’entreprise se félicite d’être dans de la micro-donnée, plus pertinente pour apporter une réponse opérationnelle.
Indiquer un changement critique dans une structure
Totalement indépendant d'une source d’énergie, la puce de SilMach est présentée comme infaillible par son dirigeant. «Si un événement se produit quand un capteur standard n’a plus de batterie, le choc n'est pas pris en compte. Nos détecteurs assurent une surveillance constante et sans limite de temps.» ChronoMEMS surveille ainsi la structure pour améliorer la sûreté d’emploi d'un objet. «Le détecteur peut se positionner sur des équipements de protection comme un casque de moto. Il pourra signifier qu’il est endommagé et risque de ne plus assurer son intégrité, même si aucun choc n’est visible», indique Pierre-François Louvigné à titre d’exemple.
Depuis 2021, SilMach a investi trois millions d'euros dans cette solution, à travers une salle blanche et des machines automatisées d’assemblage de capteurs. «Notre savoir-faire repose dans le dimensionnement de la puce et dans la précision de la fabrication pour atteindre le seuil d’intensité souhaité», explicite Pierre-François Louvigné. La PME de 30 salariés assure être en mesure de produire ses détecteurs de choc en grande série, jusqu’à un million de capteurs par an. Les secteurs de la défense, de l’aéronautique ou encore du médical ont déjà exprimé leur intérêt pour ce capteur capable de souligner un changement critique dans une structure, comme un pont ou un avion. «L’industrie s’intéresse aussi à notre capteur pour mesurer les chocs pendant une expédition par exemple», illustre encore le responsable.



