Siemens se renforce dans le numérique en s’emparant d’Altair pour 10 milliards de dollars

Siemens casse sa tirelire. Le groupe allemand a annoncé le 30 octobre s’emparer du spécialiste américain des logiciels Altair Engineering afin de renforcer son offre dans la simulation à destination des industriels.

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Altair Engineering acquisition par Siemens image moteur
En s'emparant d'Altair Engineering, Siemens renforce ses compétences dans la conception et la simulation.

Le numérique fait rêver les industriels. Siemens a annoncé le 30 octobre le rachat de l’entreprise américaine Altair Engineering spécialisée dans les logiciels de simulation industrielle. En réalisant la plus importante acquisition de son histoire – selon Bloomberg – puisque son montant s’élève à 10 milliards de dollars (9,1 milliards d’euros), le spécialiste allemand de l’ingénierie confirme vouloir renforcer son portefeuille de solutions dans le logiciel où les marges sont plus élevées. Siemens espère finaliser la transaction au second semestre de l'année 2025.

Une suite d'outils pour la conception et la simulation

Fondée en 1985, Altair Engineering s’est introduit sur le Nasdaq en 2017 avec ses logiciels d’ingénierie pour lesquels l’entreprise se targue d’avoir 16000 clients à travers le monde dans l’aérospatial, l’automobile, l’énergie et les services financiers. Des secteurs sur lesquels Siemens est présent. Des synergies sont donc possibles entre l’expertise de Siemens dans les processus de fabrication et celle d’Altair dans la simulation.

Siemens veut doper sa plateforme Xcelerator avec les compétences et solutions d’Altair dans la simulation, le calcul haute performance, les données et l’intelligence artificielle. L’industriel allemand espère améliorer ses jumeaux numériques avec les solutions d’Altair dans la mécanique et l’électromagnétique. L’objectif : avoir une suite d’outils complète pour la conception et la simulation afin de réduire les délais de mise sur le marché et multiplier les itérations de conception.

Siemens réduit ses activités dans l'industrie lourde

Cette annonce intervient au moment où Altair, avec ses 3500 salariés dont 1500 à la R&D, présente de bons résultats trimestriels. Son chiffre d’affaires a augmenté de 13% sur le troisième trimestre pour s’établir à 151,5 millions de dollars dont 1,8 million de dollars de bénéfice net. Du côté de Siemens, c’est sa division numérique avec ses logiciels pour l’industrie et l’automatisation des usines qui est moteur de sa croissance.

La conglomérat Siemens, qui fabrique notamment des trains, semble se désengager progressivement de ses activités historiques dans l’industrie lourde au profit des solutions d’automatisation. «Cet investissement stratégique est conforme à notre engagement d'accélérer la transformation numérique et durable de nos clients en reliant les mondes réel et numérique», déclare dans un communiqué le directeur général de Siemens Roland Busch. Par exemple, le conglomérat allemand a introduit en bourse en 2020 Siemens Energy, sa branche historique qui regroupait ses activités dans la construction de turbines électriques, le gaz, le pétrole ou encore l’éolien.

Une stratégie résolument tournée vers le numérique qui n’est pas sans rappeler celle menée par ses concurrents Rockwell Automation et Schneider Electric. Ce dernier a racheté l’entreprise technologique britannique Aveva pour 11,9 milliards de dollars fin 2022. Depuis, Schneider Electric qui propose des solutions de gestion de l’énergie pour les particuliers, l’industrie et les centre de données, poursuit le développement de son activité dans le numérique et les logiciels. Un secteur particulièrement porteur.

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