Sanofi, Orange, Capgemini et Generali veulent ouvrir un "lab" à Paris pour innover dans l'e-santé

Ils veulent mettre leurs forces en commun pour travailler dans l’e-santé. Sanofi, Orange, Capgemini et Generali ont annoncé le 25 janvier la création d’une société commune.

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La crise du Covid-19 a accéléré les travaux sur la cybersanté.

L'essor fulgurant de la cybersanté ne leur a pas échappé pendant la crise sanitaire. Quatre grands groupes français ont décidé d’allier leurs compétences pour innover dans ce secteur : Sanofi, Orange, Capgemini et Generali. Lundi 25 janvier, ils ont annoncé leur volonté de créer une société commune.

Ouverture du site prévue pour décembre 2021

Le nom de cette coentreprise reste à définir mais les premières lignes ont déjà été établies. “Il s’agit d’une société commerciale, précise Sanofi à L’Usine Nouvelle. L’objectif est d’accompagner les start-up, du développement à la mise à disposition aux patients et/ou professionnels de santé de leurs solutions.” Les partenaires vont chacun investir 6 millions d’euros (24 millions d’euros au total) pour financer deux projets : la création d’une plateforme numérique opérationnelle pour juin 2021 et l’ouverture d’une plateforme physique à Paris pour décembre 2021, sous réserve de l’obtention des autorisations requises.

Situé “au coeur de Paris”, ce nouveau site doit s’articuler avec l’initiative PariSanté Campus lancée par le président Emmanuel Macron en décembre 2020. Le gouvernement a annoncé une dépense de 360 millions d’euros pour transformer l’hôpital militaire du Val-de-Grâce (Paris, Ve) en campus de santé numérique. Ce chantier un peu plus imposant vise une inauguration en 2028.

Hackathons et compétitions ouvertes aux start-up

“La crise sanitaire que nous traversons nous a renforcé dans notre idée qu’il est plus que jamais nécessaire d’accélérer sur le sujet de la santé digitale, tant la France et l’Europe ont des atouts pour changer les paradigmes. Le sujet même de la gestion de la pandémie est dans nos réflexions pour de futurs travaux”, argumente Sanofi.

Le projet ne va pas se limiter au quatuor Sanofi-Orange-Capgemini-Generali. Les fondateurs souhaitent fédérer “des grands groupes partenaires et des start-up au niveau européen”, expliquent-ils dans un communiqué. La plateforme numérique qui doit ouvrir en juin représentera “le point d’entrée des interactions entre les fondateurs, les partenaires et les start-up pour lancer des hackathons, initier des compétitions, permettre le partage de données et d’expertises dans le respect et l’éthique des régulations.” Sur quoi travailleront les partenaires ? “Le développement des solutions se concentrera sur des thèmes ciblés pour une ou deux années”, indiquent-ils. Les premiers sujets n’ont pas encore été définis mais les entreprises évoquent de premières pistes : Covid-19, hébergement des données de santé, sujets de santé publique ou en lien avec une technologie, une pathologie ou une population de patients.

Une plateforme physique avec un fab lab

En ce qui concerne la “plateforme physique”, les entreprises ne parlent pas d’un incubateur ou d’un accélérateur. Le site devrait plutôt ressembler à un tiers-lieu puisqu’il doit comporter de multiples laboratoires : un “laboratoire créatif”, un “laboratoire éthique et économique”, un fab lab, un “data lab” et un “living lab dans lequel les patients et les professionnels de santé pourront développer, tester, ajuster et évaluer des solutions”.  “À l’inverse des accélérateurs et/ou incubateurs, le dispositif permet aux start-up de disposer d’un temps plus long, un an renouvelable, afin de se laisser le temps de l’évaluation des solutions au plus près des patients et professionnels de santé au plan médical et économique”, souligne Sanofi.

Les start-up sélectionnées pourront donc accéder aux expertises, aux technologies voire aux données des quatre groupes fondateurs. “Dans le respect strict de la régulation et de l’éthique”, insiste Sanofi. “Le métier de l’assurance travaille statistiquement à partir d’un volume important de données anonymisées et d’un historique de plusieurs décennies qui pourront être mis à la disposition des start-up pour alimenter leurs recherches de solutions”, donne comme exemple le PDG de Generali France, Jean-Laurent Granier.

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