Petit à petit, dans l’aviation, l’hydrogène fait son nid. Longtemps considérée comme une solution exotique dans l’aérien, cette énergie gagne en maturité pour construire un avion zéro émission. La preuve avec Safran : l’équipementier et motoriste a investi, avec le fonds spécialisé HydrogenOne Capital Growth, dans la petite entreprise britannique Cranfield Aerospace Solutions. Objectif affiché de ce tour de table de près de 9 millions d’euros : proposer la première pile à combustible aéronautique certifiée.
Pourquoi se tourner vers une société de 90 personnes appartenant à l’Université de Cranfield ? « Il nous fallait une plateforme pour démontrer qu’une pile à combustible peut servir, de manière crédible, de source d’énergie pour la propulsion d’un avion », argue Ghislaine Doukhan, directrice générale de Safran Power Units.
Dans le détail, les moteurs thermiques classiques d’un Britten-Norman Islander, un avion de neuf places, vont être remplacés par une solution de propulsion par pile à combustible alimentée à l’hydrogène. Le rôle de Safran au sein du partenariat technologique ? Parvenir à installer une pile à combustible à bord en conciliant la masse, l’encombrement et le management thermique de l’hydrogène. Le calendrier des partenaires industriels est ambitieux : alors qu’un démonstrateur doit voler en 2023, l’avion équipé d’une pile à combustible pourrait être certifié dès 2025. De quoi bien occuper l’équipe d’une trentaine de personnes chez Safran, qui a regroupé ses activités liées à l’hydrogène en 2019 au sein de Safran Power Units.

Vous lisez un article du numéro 3706 de L'Usine Nouvelle - Mai 2022



