Le suspense est maintenu jusqu’au printemps 2021. Le norvégien Rec Group a précisé, le 10 décembre, l’horizon auquel il compte entériner son projet d’investissement de 681 millions d’euros dans une méga usine de panneaux solaires à Hambach (Moselle).
Cette unité pourrait générer 1 500 emplois à sa mise en service en 2022, en vue d’alimenter le marché européen en cellules photovoltaïques de dernière génération. "Rec Group devrait prendre sa décision définitive d’investir à la mi-mars, une fois le montage financier du projet arrêté et les différentes autorisations administratives et environnementales obtenues", a indiqué Cemil Seber, directeur-général de Rec Solar Europe, Moyen-Orient et Afrique (Emea). Il s’exprimait à l’occasion de l’ouverture de la consultation publique, programmée du 14 décembre au 8 février, sous l’égide de la Commission nationale du débat publique (CNDP).
Le groupe de 2 000 salariés, qui a réalisé 410 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019, insiste sur sa volonté de se positionner sur la zone industrielle de Hambach, un des douze sites "clés en main" identifiés par le Gouvernement en janvier 2020. "En tant qu’industriel d’origine norvégienne, nous sommes déterminés à nous implanter sur le marché européen, au plus près de nos clients. Et la zone de Hambach présente à cet égard de nombreux avantages", expose le directeur-général de Rec Solar Emea.
Capacités doublées en 2025
L’industriel, filiale du groupe Elkem, côté à la bourse d’Oslo, fournit actuellement ses clients sur le Vieux-continent à partir de sa principale usine d’assemblage de panneaux solaires à Singapour. Les capacités de cette unité - 600 mégawatts crêtes (MWc) par an - demeurent cependant inférieures à celles de 2 000 MWc envisagées en Moselle. Un dimensionnement qui pourrait encore être doublé. "Nos demandes de permis de construire et d’autorisation d’exploiter, actuellement en cours d’instruction, intègrent dès à présent une seconde phase qui permettrait d’atteindre 4 000 MWc à l’horizon 2025", précise Cemil Seber. L’investissement avoisinerait alors le milliard d’euros pour 2 500 emplois directs générés sur place, une aubaine pour la Communauté d’agglomération de Sarreguemines Confluences (CASC). Celle-ci perçoit actuellement 6 millions d’euros par an de retombées fiscales grâce à l’implantation, sur cette même zone, de l’usine Smart vendue à Ineos.
Outre le montage financier, les contours du partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA) resteraient encore à préciser. En effet, le CEA est à l’origine de l’industrialisation de la technologie à haut-rendement dite "à hétérojonction" utilisée par Rec Group.



