Il y a deux manières de faire baisser les cours du pétrole. La première est une hausse de l’offre plus rapide que la croissance de la demande. C’est la révolution des schistes américains, permise, il y a dix ans, par la technologie. La baisse du coût des hydrocarbures soulage alors l’industrie qui les consomme, sous forme d’énergie ou de matières (plastiques, chimie...).
Le coronavirus a détruit la croissance... et la demande
La seconde manière de faire chuter les cours est la destruction de demande. L'épidémie de Covid-19 a ralenti la production, la consommation, le fret et le transport de personnes. Plus encore depuis la fermeture des frontières américaines aux Européens le 11 mars, et le confinement annoncé en France le 16 mars.
Déclencheur de la crise entre la Russie et l’Arabie saoudite, la pandémie aboutit certes à une hausse de l’offre par K.-O. du cartel Opep+ qui régulait sa production depuis 2016. Mais c’est bien la combinaison d’une offre en hausse et d’une demande en baisse qui a fait chuter les cours de 25 % le 9 mars, à nouveau de 5 % le 12 mars après l’annonce de Donald Trump, puis de 10 % le 16 mars.
Le bilan de la séquence est une destruction de valeur : chute brutale de la valorisation boursière de nombreuses sociétés, fragilisation des PME par baisse de l’activité, révision à la baisse des investissements... Malgré le gain sur les prix à la pompe, toujours partiel et retardé, "ce n’est pas forcément bon pour l’économie française", a reconnu Bruno Le Maire, le ministre de l’Économie, dès le 9 mars. Le pétrole n’est plus un simple intrant, mais un thermomètre de l’économie.



