Pour sa présidence de l'UE, la Belgique veut mettre l'accent sur l’industrie

La Belgique prend les rênes du Conseil de l’Union européenne (UE) à partir du 1er janvier 2024 et donnera le «la» dans les réunions entre les 27 Etats membres pour six mois. Bruxelles met l’accent sur l’industrie européenne, plus que sur la réglementation environnementale.

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Europe
La présidence belge du Conseil de l'UE n'a de cesse de plaider pour une European industrial deal, en parallèle du Green deal.

«Nous, les Belges, avons l’Union européenne(UE) dans notre ADN!» Enthousiaste, le Premier ministre Alexander de Croo dévoilait, début décembre, les priorités de la présidence belge du Conseil de l’UE devant un parterre de journalistes réunis au cœur du quartier européen à Bruxelles. Et le Premier ministre de s’extasier : «S’il y a un pays qui incarne la diversité et le dynamisme de l’UE aujourd’hui, c’est bien la Belgique!» En revanche, le chef du gouvernement belge n’a visiblement pas la fibre verte.

Alexandre de Croo ne défend le «Pacte vert», l’énorme chantier visant à faire de l'UE le premier continent neutre d’un point de vue du carbone à l’horizon 2050, que du bout des lèvres. Dans son programme de travail, la présidence belge promet de tenter de réunir les conditions nécessaires à un accord sur les derniers textes du Green deal (comme la proposition de règlement relatif aux emballages et aux déchets d’emballages) encore en négociations, mais le cœur n’y est pas.

Législation environnementale

Au contraire, Alexandre de Croo ne jure que par une nouvelle législation pour une industrie propre. Dès le mois de mai, il s’était, dans des propos très remarqués, prononcé en faveur d’une «pause» dans la législation environnementale. En décembre, dans un entretien aux magazines belges Trends et Trends Tendances, il a persisté dans cette direction : «A côté du Green deal, nous devrions avoir une sorte de "clean industry act" pour aider notre industrie à atteindre ses objectifs. Je serais le dernier à dire qu’il faut réduire nos objectifs en matière d’émissions de CO2. Mais, pour le reste, j’ai eu l’occasion de dire il y a six mois qu’il faut faire une pause dans les autres domaines : tout le monde était fâché contre moi, mais je persiste à le dire. L’Europe doit définir ses priorités

«Aujourd’hui, notre industrie, nos PME, notre population ont compris qu’il fallait tout faire pour diminuer radicalement nos émissions. Mais si vous ajoutez à cela la biodiversité, la suppression de produits chimiques ou la restauration de la nature, vous allez mettre votre priorité sous pression. Il faut choisir», poursuit-il. Pour l’écologiste belge Philippe Lamberts, eurodéputé depuis 2009, en attaquant le Green deal, le Premier ministre «cherche avant tout à s’adresser à l’électorat de droite en Flandre». Les élections législatives fédérales sont organisées en même temps que les élections européennes, en juin prochain.

Quoi qu’il en soit, le Premier ministre a beau jeu de plaider pour de nouvelles règles visant à soutenir l’industrie européenne, mais dans les faits, pour qu’une nouvelle législation voit le jour, il faut que la Commission européenne la propose. D’autant qu’en février 2023, l’institution a déjà dévoilé un «plan industriel du pacte vert», avec, pour fer de lance, un règlement pour une industrie à zéro émission nette. La Belgique pourra au moins tenter de faire «atterrir» ce texte d’ici au mois de juin.

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