Un million de pompes à chaleur et autant de voitures électriques produites en France en 2027, 13 lignes de RER métropolitains avec 700 millions d’euros de l’Etat, le contrôle du prix de l’électricité dès octobre... Le président de la République a clôturé le deuxième Conseil de planification écologique ce lundi 25 septembre 2023 à l’Elysée. Il confirme les orientations prises et annoncées ces derniers mois. En 2024, le budget consacré à la transition écologique et énergétique sera de 40 milliards d'euros contre 33 milliards en 2023 et doit être pérennisé les années suivantes.
Après s’être félicité que le plan, résultat de 14 mois de travail, soit validé, il a indiqué une «reprise du contrôle sur le prix de l’électricité » afin qu’il soit soutenable pour les ménages et les entreprises. Il a indiqué que la part des énergies fossiles va passer de 60% à 40% en 2030. Et il souhaite lancer des appels d’offres sur l’éolien offshore fin 2024. A ce propos, il a évoqué «une écologie souveraine renforcée par la décarbonation de l’énergie» et la nécessité de «réduire notre dépendance aux énergies fossiles que nous ne produisons pas […] et qui nous coûtent 120 milliards d’euros par an». Il a annoncé «un inventaire de nos ressources minières pour sécuriser notre souveraineté».
Toujours à propos de l’énergie, il a redit que la France serait sortie du charbon en 2027. «La France sera en avance par rapport aux objectifs internationaux », assure-t-il. Il oublie tout de même de rappeler qu’il avait déjà promis de fermer les deux dernières centrales à charbon en 2022… Greenpeace dénonce la fausse solution de la reconversion en centrales biomasse. Dans un communiqué, elle s’interroge : «va-t-on prélever encore plus de bois dans les forêts françaises qui sont en mauvaise santé du fait des changements climatiques et déjà soumises à la pression d’usages concurrents ? Va-t-on importer ce bois et engendrer de la déforestation importée à l’autre bout du monde ? Pour Greenpeace France, produire de l’électricité à partir de bois est un non-sens écologique et physique, avec un très faible rendement énergétique.» De même, il est reproché au président de ne pas avoir donné d’objectif sur la sortie des énergies fossiles.
Les plans avec 50 sites industriels signé en octobre
Emmanuel Macron s’est félicité de la démarche de décarbonation des 50 sites industriels qui représentent environ 10% des émissions françaises et la moitié des émissions de l’industrie. Le président de la République leur avait demandé un plan pour respecter l’objectif de 2030. Les grandes industries polluantes ont toutes présenté un plan d’action visant à réduire leurs émissions de 45%. «Les plans seront signés fin octobre», a-t-il indiqué.

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Sur les transports, «13 projets de RER métropolitains ont été retenus. D’autres moins avancés sont en file d’attente» et «on engage dès maintenant 700 millions d’euros». Le mois prochain, les contrats de plan avec les régions seront signés. C’est davantage que les dix chantiers qui avaient été évoqués lors des premières annonces. Tous ces chantiers coûteraient 10 milliards d'euros et permettront de «faire travailler nos industries».
Dans les transports, il a réaffirmé la production d’un million de voitures électriques en France en 2027 et la présence de quatre usines de batteries. Sur les pompes à chaleur, l’objectif est identique : un million de pompes à chaleurs produites en France en 2027 et 30 000 installateurs formés. Mais «nous avons décidé d’être sur une politique d’incitation et non d’interdiction». Il n’est donc pas question d’interdire les chaudières à gaz.
Le chef de l'Etat croit en «une écologie qui crée de la valeur économique et qui soit compétitive», d’où la reprise du contrôle sur les prix de l’électricité et les mesures de leasing qui seront mises en place avec l’ouverture d’un guichet dès novembre pour acheter des voitures électriques, limitées aux productions européennes, même si cela n’est pas dit explicitement. En fait, seront éligibles les véhicules qui auront été produits avec une électricité décarbonée. Cette "écologie juste" prônée par le Conseil de planification écologique (pour éviter le retour des Gilets jaunes ?) va également se traduire par un renforcement des aides à la rénovation énergétique.
Stratégie sur la biodiversité et plan d'adaptation en 2023
Les agriculteurs ne seront pas «laissés sans solution». Et le président d’évoquer la stratégie d’investissement et d’accompagnement, mais aussi la défense des clauses miroir et la taxe carbone aux frontières. «Nous voulons une écologie qui protège les Français et la nature». D’où la promesse de planter un milliard d’arbres d’ici 2030. Cette politique devra être partagée au niveau des territoires et Emmanuel Macron compte bien porter cette stratégie nationale au cœur de l’Europe et au niveau international.
Si tout se passe selon le scénario prévu dans ce plan détaillé qui annonce toutes les baisses d’émission secteur par secteur, la France doit atteindre ses objectifs d’une baisse de 55% en 2030, comme l’a demandé l’Europe dans le "Green deal". Mais il ne faut pas agir seulement sur les baisses d’émission de gaz à effet de serre. Le Conseil à la planification écologique doit décliner une stratégie sur la biodiversité en octobre et un plan d’adaptation au réchauffement climatique en décembre. Dès intentions louables, mais qui doivent être suivies d’effets très rapidement. Car à la fin du mandat d’Emmanuel Macron, il sera déjà trop tard si les objectifs fixés n’ont pas été atteints.



