Chronique

Plusieurs sites industriels à l'arrêt en raison des coûts de l'énergie vont repartir

Dans Histoires économiques, la chronique d'Emmanuel Duteil, directeur de la rédaction de L'Usine Nouvelle, avec France Inter, il est question cette semaine du redémarrage de plusieurs sites industriels français d'importance.

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Haut fourneau du site d'ArcelorMittal de Fos-sur-Mer
Arcelormittal va relancer courant avril son haut fourneau mis en veille en décembre à Fos-sur-Mer.

C’est une information L'Usine Nouvelle. Arcelormittal va relancer courant avril son haut fourneau mis en veille en décembre à Fos-sur-Mer. Il produit sur place de l’acier. Il en sera de même courant mai pour les cuves à électrolyse d’Aluminium Dunkerque. Et d’ici quelques semaines, Duralex, l’inventeur du fameux verre trempé, va lui aussi relancer sa production. Tous avaient limité ou arrêté la production en raison des coûts de l’énergie. Duralex avait dû mettre l’ensemble de ses salariés au chômage partiel. Pour ces entreprises, ce n’était tout simplement plus rentable de produire.

Principale raison: les coûts de l’énergie se sont effondrés ces derniers mois. Si on prend l’exemple du gaz, on est passé de près de 350 euros le MWh fin août, à un peu plus de 50 euros en ce moment. Tendance similaire sur les prix de l’électricité. L’autre raison, c’est que les carnets de commandes de ces grands industriels se stabilisent. Et ça c’est aussi une grosse surprise. Chez Arcelor on le dit: «Il y a des signes de reprise de la demande sur nos marchés». L’UIMM, qui représente l’industrie, le confirme, même s'il y a toujours et encore des secteurs en difficulté, comme l’automobile. Ce qui fait dire à France Industrie que la «photo globale est plutôt bonne, quoique très disparate».

Mais il serait trop simple de dire que les problèmes liés au prix de l'énergie sont derrière nous. Toutes les entreprises qui ont signé des contrats au moment où les prix étaient au plus haut sont dans de grandes difficultés. Il y a eu des aides mises en place. Cela marche plutôt bien pour les PME mais le système est plus compliqué pour les grosses sociétés. Surtout, les prix de l’énergie restent plus élevés en Europe qu’aux Etats-Unis et en Asie. Cela leur pose un vrai problème de compétitivité. On peut donc se dire que le pire est derrière nous, et que la lumière est au bout du tunnel, mais que ce tunnel s’annonce bien long à traverser… Ce que résume un ministre par cette formule : 2023 c’est «l’heure de vérité du quoiqu'il en coûte». Espérons que la vérité ne sera pas trop douloureuse à entendre pour le monde de l’industrie.

Pour réécouter cette chronique et les précédentes, rendez-vous sur le site de France Inter

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