L'Usine Nouvelle. - Comment et quand le groupe SEB a-t-il été contacté pour être partie prenante du projet de respirateur open source MakAir ?
Thierry de La Tour d’Artaise. - J’ai été contacté le 28 mars par Jean Therme, ancien directeur de la recherche technologique du CEA de Grenoble (Isère), qui travaillait depuis quelque temps avec les parties prenantes du projet. Ils avaient un problème d’approvisionnement sur deux composants essentiels : la partie permettant de créer un flux d’air et le servomoteur. Ce sont des choses que l’on connait bien et pour lesquelles nous avons un très large réseau de fournisseurs en Chine. Nous avons pensé pouvoir les aider pour cela, mais aussi au niveau de la conception du produit, de son industrialisation…
Nous ne pouvons pas rester inactifs lorsqu’une maladie fait des morts tous les jours et qu’un projet semble être utile dans la lutte. Si nous pouvons jouer un rôle et sauver quelques personnes de plus, nous devons le faire. D’autant plus que nous avons les compétences, le goût pour ce genre de projets et la motivation de pouvoir fournir ces appareils le plus vite possible. La manière dont s’est montée cette aventure, avec une variété de personnes, d’entreprises, d’organisations, est passionnante.
Quelle sera la mission de SEB ?
Nous avons accepté de relever deux défis. Le premier est d’assurer la fabrication de la première génération de respirateurs et d’en organiser la production. Le second est de travailler à une deuxième version, plus adaptée à la production en grande série. Le projet devrait rassembler une quinzaine de personnes en production et environ le double en conception. Nous n’avons pas encore décidé quel site sera dédié à cette activité. L’important sera de rassembler les différentes compétences nécessaires, au bon endroit et au bon moment. Tout sera piloté depuis Ecully (Rhône).
Quel est votre calendrier ?
Nous avons en tête deux échéances : la semaine du 27 avril pour démarrer la production de la version actuelle du respirateur ; celle du 25 mai pour lancer la production de la deuxième version. Nous visons donc du très court terme. Pour débuter, nous allons produire 500 respirateurs. Ensuite, cela dépendra de la demande en France ou dans d’autres pays. Nous avons la chance d’avoir un appareil très pratique – open source, accessible en termes de coût et adapté à la maladie – qui peut intéresser beaucoup de structures médicales.
Notre rôle est de fabriquer un produit de qualité. Partout où il y aura des malades, nous apporterons notre aide en fournissant le respirateur. Si c’est en France nous le ferons en France, s’il faut le faire dans d’autres pays, nous le ferons. Nous sommes un groupe mondial, avec 42 usines dans le monde en Chine, en Russie, en Amérique Latine… Nous sommes prêts à lutter contre cette pandémie, où qu’elle soit.



