Lundi 11 mai, le grand test du déconfinement

Les chefs d’entreprise ont bien compris que le déconfinement le 11 mai ne serait pas le retour à la normale, mais une première étape.

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Exacompta Clairefontaine a déjà revu la protection de ses salariés car la société fabrique dès le printemps ses produits destinés à la rentrée scolaire.

"Il fallait donner un horizon, commente Didier Fégly, le président du groupe Sacred, une ETI spécialisée dans le caoutchouc et le thermoplastique. Je comprends très bien que l’on ait besoin d’un équilibre entre le respect des obligations sanitaires et la nécessité de relancer l’activité économique." Pour ce dirigeant, les mesures présentées devant les députés par le Premier ministre, Édouard Philippe, sont "des choix de bon sens avec des alternatives possibles selon l’évolution de la situation".

Les chefs d’entreprise ont bien compris que ce ne serait pas le retour à la normale, mais une première étape. "La réouverture des commerces est une très bonne nouvelle car cette activité tire une grande partie de l’économie", positive Fabrice Le Saché, le porte-parole du Medef. Certains industriels ont un besoin urgent de débouchés. "Il faut que les points de vente soient de nouveau accessibles, ne serait-ce que pour réceptionner les produits qu’ils ont commandés, rappelle Jean-Marie Nusse, le directeur général délégué du groupe Exacompta Clairefontaine. Aujourd’hui, les expéditions de notre principale papeterie des Vosges stagnent à environ 60 % de la production. Nous ne pouvons pas éternellement stocker les produits que nous fabriquons."

Exacompta Clairefontaine a déjà revu la protection de ses salariés car la société fabrique dès le printemps ses produits destinés à la rentrée scolaire. Mais beaucoup d’entreprises découvrent l’étendue des réorganisations à opérer. Tout va bien se passer, assure le Medef. "Celles qui ont déjà repris leur activité ont déterminé des protocoles avec leurs salariés. C’est un important travail qui implique de revoir les process, les chaînes, les flux, mais que toutes les entreprises mettent en œuvre à partir des recommandations des branches professionnelles", explique Fabrice Le Saché. La ministre du Travail, Muriel Pénicaud a aussi promis 60 guides métiers, dont 45 sont déjà en ligne sur le site du ministère. L’entreprise Jouve, qui accuse une baisse de 30 % de son activité, a décidé de créer deux équipes de collaborateurs qui se succéderont sur les sites. "Il y a aura l’équipe bleue et l’équipe rouge. La première viendra les lundis, mercredis et vendredis, l’autre les deux autres jours. Et la semaine suivante, on alternera", explique Thibault Lanxade, son PDG.

Inquiétude des syndicats et des salariés

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Les salariés, eux, ne sont pas pleinement rassurés. "La reprise ne peut pas se faire s’il n’y a pas de masques garantis pour tous, estime Gabriel Artero, le président de la CFE-CGC de la métallurgie. S’ils manquent, les salariés ne voudront pas revenir." Force ouvrière aimerait que les pouvoirs publics fassent des « prescriptions » plus précises sur les "types et modalités d’utilisation des masques, pour une sûreté de la protection en fonction des situations (poste de travail, transports)". La CGT s’inquiète, elle, de l’accès des salariés des PME à ces équipements de protection. Le gouvernement a mandaté La Poste pour assurer une distribution aux TPE et PME, mais uniquement de masques grand public.

La disponibilité et la sûreté des transports en commun des métropoles sont au cœur des interrogations car elles conditionnent le retour des salariés et les déplacements des consommateurs. Enfin, tout le monde a compris que la reprise serait très progressive et patronat et syndicats de salariés réclament le maintien au-delà 1er juin du dispositif d’activité partielle. "Il faut que le chômage partiel soit maintenu, sinon les licenciements vont pleuvoir", tranche Jean-Eudes Dumesnil, le secrétaire général de la CPME.

Le 28 avril, le Premier ministre a qualifié ce dispositif français de « plus généreux d’Europe ». Le lendemain, la ministre du Travail indiquait que l’État allait diminuer son remboursement aux employeurs et leur demander d’augmenter leur « reste à charge ». Sur le papier, cela ne change rien pour les salariés, qui continueront de percevoir 84 % de leur salaire net. Rien tant que les entreprises ont encore les moyens de régler ce reste à charge...

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