Les nuages s'accumulent sur l'emploi en France, en léger repli au quatrième trimestre 2024

Les estimations publiées le 7 février par l’Insee montrent un recul de 0,2% de l’emploi privé entre le 3e et le 4e trimestre 2024, soit une perte de 50100 postes. L’emploi se retrouve ainsi au même niveau qu’il y a un an. Il recule de 0,1% dans l’industrie, qui perd 3200 emplois sur le trimestre mais en gagne 7500 sur l’année.

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Manifestation des salariés Dumarey Powerglide du samedi 5 octobre à Strasbourg.
L'équipementier automobile Dumarey Powerglide Strasbourg a annoncé cet automne un PSE de près de 240 salariés.

Le choc n’est pas encore là, mais certains signaux donnent l'alerte. L’Insee a publié le 7 février au matin ses estimations de l’emploi salarié privé pour le 4e trimestre 2024. Elles montrent un repli de 0,2%, soit 50100 emplois de moins en trois mois. Le troisième trimestre avait lui connu une quasi-stabilité (+0,1%), avec la création de 27000 emplois. Sur un an, l’emploi est stable (-1000 postes), toujours largement supérieur à son niveau d’avant Covid (+5,6% par rapport à la fin de 2019). Si le repli n’est pas très fort, il marque un net fléchissement de la dynamique qu’a connue l’emploi jusqu’au milieu de 2024.

Quasi stable (-0,1%), l’industrie perd 3200 emplois au quatrième trimestre, après un troisième trimestre neutre (+100 emplois). 2024 reste un bon cru pour l’emploi dans le secteur, avec un solde positif de 7500 emplois (+0,2%). Depuis fin 2019, l'industrie a gagné 76500 emplois (+2,4%).

Signaux inquiétants

Mais des signaux inquiétants se manifestent du côté de l’intérim, toujours aux avant-postes des tendances. L’emploi intérimaire baisse en effet de 1,9% au quatrième trimestre, soit plus fortement qu’au troisième (- 0,9%). Au total, 20300 postes ont été perdus en six mois dans l’intérim, dont l’emploi chute de 5,6% en un an.

La construction continue elle aussi de perdre des emplois, pour le huitième trimestre consécutif. Ils ont diminué de 27500 (-1,7%) en un an. Premiers signes de ralentissement, aussi, du côté des emplois tertiaires marchands, en repli (-0,2% sur un trimestre) pour la première fois depuis 2013 (hors période Covid).

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Autre signal : début février, un baromètre de l’Association pour l’emploi des cadres (Apec) montrait un net ralentissement des intentions de recrutement de cadres. 48% seulement des grandes entreprises ont par exemple prévu d’en embaucher un au premier trimestre 2025, en recul de 6 points en un an.

Le net ralentissement de l’économie fin 2024 ne s’est pas encore traduit par des pertes d’emplois massives au niveau national, et touche pour l’instant certains secteurs. Dans sa note de conjoncture de décembre, l’Insee tablait sur des répercussions sur l’emploi privé «d’ici mi-2025». Et pronostiquait, à cette date, un taux de chômage de 7,6%, contre 7,4% en novembre. Celui du 4e trimestre 2024, qui sera publié mardi 11 février, sera forcément scruté de près.

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