Symbole de l’épidémie de Covid-19, le masque a quitté la plupart des visages au bureau ou dans la rue. A Bercy, dans le service de soutien aux entreprises en difficulté de plus de 400 salariés, les années Covid apparaissent aussi comme un lointain souvenir. Pendant cette période, les dossiers issus de secteurs comme le tourisme, l’hôtellerie-restauration et les transports étaient surreprésentés parmi ceux pris en charge par le Comité interministériel de restructuration industrielle (Ciri). Pour certaines sociétés, les restrictions prises pour lutter contre l’épidémie (fermetures imposées, limitation des déplacements…) ont eu de lourdes conséquences financières.
« En 2022 et 2023, nous assistons à une réorientation sectorielle des entreprises accompagnées », explique-t-on au Ciri, avec un retour en force des dossiers industriels qui sont historiquement les plus nombreux. En 2022, 31 nouveaux dossiers ont été traités par le comité parce qu’ils nécessitaient une restructuration majeure de la dette de l’entreprise, selon le rapport annuel publié lundi 17 juillet. Parmi eux, 69% de cas industriels. Cette proportion s’élevait seulement à 35% en 2021, pour un nombre de nouveaux dossiers proche. Au total, sur ces 31 dossiers, 23 dossiers représentant plus de 35 000 emplois ont connu une issue favorable, un dossier s’est soldé par un échec (2 500 emplois) et le reste est toujours en cours. En moyenne, la gestion d’un cas d’entreprise par le Ciri prend trois à quatre mois mais certaines situations nécessitent bien plus de temps. Au total, le service situé au ministère de l’Economie et des Finances gère en ce moment plus d’une quarantaine de dossiers.
Accalmie sur l'énergie
En plus de retrouver son public industriel, le comité enregistre une hausse progressive de son activité ces derniers mois, ce qui devrait se traduire par une petite augmentation du nombre de saisines prises en compte en 2023. Celle-ci reflète la croissance des défaillances d’entreprises, au nombre de 48 673 entre juillet 2022 et juin 2023 selon la Banque de France, contre 33 570 un an plus tôt. « Ce niveau de défaillances ne nous inquiète pas du tout. Nous sommes face à une normalisation après une année 2021 et un début d’année 2022 marqués par un fort soutien public aux entreprises », indique-t-on au Ciri.
Autre motif de satisfaction pour le comité : les problématiques exclusivement énergétiques, apparues en 2022, ont disparu en 2023. Celles-ci avaient généré une dizaine de sollicitations d’entreprises auprès de ses services, en plus des 31 dossiers ouverts par ailleurs. Cité dans le rapport, le groupe d’imprimeries Maury, qui emploie plus de 900 salariés, a ainsi bénéficié d’un abandon partiel de créance de la part de son fournisseur d’énergie en fin d’année dernière, après avoir fait face à des prévisions de frais énergétiques supérieurs à son chiffre d’affaires sur novembre et décembre.

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Trim 4 2025
Salaire ouvriers - Ensemble DE à RU% sur dernier mois du trimestre précédent
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10 Avril 2026
Livre sterling (GBP) - quotidien£ GBP/€
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Décembre 2025
Indice mensuel du coût horaire du travail révisé - Salaires et charges - Tous salariés - Industrie manufacturière (NAF rév. 2 section C)base 100 en décembre 2008
Des PGE dans tous les dossiers ou presque
Dans cette phase de retour à la normale, le Ciri est confronté à un cadre de renégociation différent par rapport à la période pré-Covid pour la dette des entreprises qui le saisissent, dans la mesure où 95% des dossiers contiennent un prêt garanti par l’Etat (PGE). Dans un premier temps, le Ciri peut proposer un rééchelonnement du remboursement de cette dette sur huit, neuf ou dix ans, contre six ans habituellement. Mais cela peut ne pas suffire et un abandon partiel ou total de la dette PGE peut avoir lieu si certaines conditions sont respectées : la société concernée doit être en péril, représenter un intérêt stratégique au niveau national et un effort est attendu de l’actionnaire principal, ainsi que des autres créanciers.
En mai dernier, l’équipementier aéronautique Latécoère avait obtenu de cette manière une réduction de sa dette de 183 millions d’euros, moyennant une réinjection d’au moins 100 millions d’euros par son actionnaire majoritaire Searchlight Capital Partners. Dans ce type de dossiers, le Ciri prévoit une contrepartie sous la forme de mécanismes de « retour à meilleure fortune ». En clair, en cas d’atteinte d’une rentabilité supérieure à ce qui a été prévu dans le plan d’affaires de retournement au bout de quelques années, l’entreprise accompagnée par le Ciri lui rétrocède une partie de ses superprofits. Ce qui n’est pas le cas le plus probable étant donné les difficultés des entreprises aidées.
Baisse des prêts
La période post-Covid et la fin du « quoi qu’il en coûte » va aussi réduire la capacité du comité à accorder des prêts pour permettre de boucler certains tours de table. A partir de 2024, le montant de prêts distribués doit revenir à son niveau historique d’environ 75 millions d’euros par an. En 2020, pendant la crise Covid, le fonds qui sous-tend ces prêts avait bénéficié de plus d’un milliard d’euros. Ainsi, 450 millions d’euros ont encore été prêtés en 2022. L’atterrissage est amorcé dès cette année.



