Le monde a besoin des technologies spatiales, tout comme l’espace a besoin des technologies développées ici-bas pour conquérir de nouvelles frontières. C’est la conviction d’Hélène Ben Aïm Drieux, 58 ans, responsable de l’open innovation au Centre national d’études spatiales (Cnes).
"Pourquoi ne pas s’inspirer du secteur médical quand nous développons une salle blanche de décontamination martienne ? Pourquoi ne pas profiter de l’expérience de Météo France et des grandes banques pour nos projets big data sur l’exploration spatiale ?", explique-t-elle.
Pour décloisonner le Cnes et l’ouvrir aux autres disciplines, elle peut miser sur un solide bagage technologique (diplômée de l’Insa Toulouse, chercheur en microgravité), mais aussi sur son expertise dans le domaine de l’audit et du contrôle interne des entreprises. Son passage au ministère de la Recherche (2003-2005) a été aussi l’occasion pour elle d’aborder les enjeux prospectifs de l’industrie spatiale.
Cette ouverture qu’elle impulse a porté ses fruits. Les chercheurs côtoient désormais des ingénieurs et des techniciens venus des secteurs de tous horizons (automobile, ferroviaire, aéronautique, santé...). Cette démarche a donné lieu à des travaux exploratoires avec Renault sur un rover martien, voire à de véritables partenariats comme celui avec la SNCF afin de préparer la révolution du train autonome. Les projets les plus fous sont permis. Comme fabriquer des satellites directement depuis l’espace grâce aux technologies d’impression 3D !



