Le très attendu plan quantique ne sera pas annoncé avant la fin du confinement

Le plan français sur le quantique devait être révélé mercredi 4 novembre lors d’un événement Bpifrance rassemblant une partie de la communauté internationale. Mais le reconfinement et la volonté d’Emmanuel Macron de faire l’annonce lui-même ont reporté le dévoilement des mesures.

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Puce quantique Alice&Bob
La puce quantique de la start-up Alice&Bob, l'une des 16 que compte la France dans le domaine.

Les organisateurs du Quantum Computing Business, un événement de Bpifrance rassemblant mercredi 4 novembre des acteurs internationaux du quantique, ont dû être déçus. Tenu sous le haut patronage d’Emmanuel Macron, il devait marquer l’annonce du très attendu plan français sur le quantique. Mais la crise sanitaire, le reconfinement et l’organisation en urgence d’un conseil de défense ce même matin ont eu raison du dévoilement des mesures.

"Le plan est prêt mais le président de la République tient à faire l’annonce lui-même" explique-t-on à Bercy, précisant que le recrutement du coordinateur de la stratégie nationale sur le quantique est quand même lancé, pour ne pas perdre trop de temps. En effet, si c’est Emmanuel Macron qui fait l’annonce du plan, elle ne devrait pas intervenir avant la levée du confinement.

Calcul, communications et capteurs

Dans son allocution enregistrée tard la vieille au soir, le secrétaire d’Etat au numérique Cédric O s’est en donc tenu à des déclarations vagues, sans annoncer de mesures. "Il faut bien sûr augmenter les investissements, pour qu’ils atteignent un niveau à la hauteur de ceux faits par les autres pays, mais il faut surtout structurer l’écosystème", a-t-il considéré.

Le plan, dont la publication était initialement prévue en septembre, devrait reposer sur trois axes, "le calcul, les communications et les capteurs quantiques", avait esquissé mi-octobre Iordanis Kerenidis lors du forum Teratec dédié au calcul haute performance. Ce chercheur du CNRS a participé, avec la députée Paula Forteza et l’ex-PDG de Safran Jean-Paul Herteman, à la rédaction d’un rapport sur la question, commandé en mars 2019 par le Premier ministre de l’époque Edouard Philippe et présenté en janvier 2020.

Trois hubs créés à Paris, Grenoble et Saclay

37 propositions visant à définir une "stratégie nationale ambitieuse" y étaient présentées. "Il faut que les industriels réfléchissent à l’impact que peuvent avoir ces technologies dans leurs secteurs et mettent en place des travaux communs avec le monde de la recherche", présentait notamment la députée à L’Usine Nouvelle en janvier.

Une ligne directrice qui devrait être reprise dans le plan. "Le programme national n’est pas uniquement focalisé sur la recherche, soulignait Iordanis Kerenidis à Teratec. Nous croyons à la synergie entre les laboratoires et les start-up." Le plan devrait notamment entériner la création de trois hubs – à Paris, Grenoble (Isère) et sur le plateau de Saclay (Essonne) – afin de "créer des endroits où les académiques, les start-up et les gens de l’industrie puissent travailler ensemble pour que la France conserve un rôle majeur sur les technologies quantiques", expliquait le chercheur.

60 millions d'euros d'investissements publics, à doubler voire tripler

"La France a les capacités pour devenir un leader mondial dans le domaine", affirmait la députée lors de la présentation du rapport. Avec 16 start-up fin 2019, le pays était deuxième d’Europe en termes de nombre de jeunes pousses quantiques. Derrière le Royaume-Uni (20) et devant l’Allemagne (14). Ces deux principaux concurrents européens ont tous les deux déployé d’importants moyens pour soutenir leur développement dans le secteur : le Royaume-Uni a prévu un milliard d’euros d’investissements publics et privés entre 2014 et 2024, tandis que l’Allemagne a annoncé une enveloppe de 650 millions d’euros en 2018.

Pour conserver sa place face à eux, la France devra elle aussi sortir le carnet de chèques. "Actuellement, l’Etat apporte environ 60 millions d’euros par an, principalement à la recherche fondamentale, expliquait Paula Forteza. Si nous voulons avoir une place internationale dans le domaine, il faut multiplier cet investissement par deux, voire trois." Ainsi, le rapport estimait à 1,4 milliard d’euros sur cinq ans les investissements globaux – publics et privés confondus – nécessaires pour que la France conserve sa compétitivité dans le domaine.

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