Le rover Perseverance auscultera Mars avec un microphone d'ISAE Supaero

Des chercheurs de l’école d’ingénieur toulousaine Isae-Supaero travaillent depuis cinq ans sur le microphone de l’astromobile Perseverance, qui doit atterrir sur Mars le 18 février. Un outil indispensable pour étudier la structure de la planète.

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Entouré en rouge le microphone, conçu par l'école d'ingénieur ISAE Supaero. Il équipe la Supercam du rover Perseverance.

Le moment fatidique approche. Lancée le 30 juillet 2020 par la NASA, la mission Mars 2020 vivra des secondes décisives le 18 février. C’est ce jeudi que le rover de la mission américaine doit se poser dans un cratère de la planète Mars. Si la périlleuse opération fonctionne, Perseverance débutera ensuite son opération principale : chercher des traces de vie fossile en récoltant des fragments du sol martien. Ces échantillons doivent ensuite être rapatriés sur Terre par la future opération de l’European Space Agency, Mars Sample Return.

D'une hauteur de 2,2 mètres et d'un poids d'un peu plus d'une tonne, l’astromobile Perseverance est en partie composé de technologies françaises.

La Supercam, instrument indispensable pour mesurer la composition chimique des roches, détecter les minéraux et la matière organique, a été conçue par un consortium de laboratoires, universités et industriels français et américains. Parmi eux : l’Institut de recherche en astrophysique et planétologie (IRAP) de Toulouse et le Laboratoire d'études spatiales et d'instrumentation en astrophysique (LESIA) de Paris.

Un complément à la Supercam

L’école d'ingénieurs toulousaine ISAE Supaero s’est elle aussi impliquée dans la construction de cette caméra, mais a surtout fabriqué le microphone de quelques centimètres de diamètre, placé sous l’oeil de la caméra. Un objet sur lequel l'enseignant-chercheur David Mimoun et ses équipes planchent depuis plus de cinq ans, dont le rôle est essentiel pour la réussite de la mission. “La surface de Mars est très poussiéreuse. La Supercam utilise donc un laser et un spectromètre pour rendre visibles les roches. Le microphone vient en complément et utilise le son créé par l’interaction du laser sur la roche. Cela donne des informations clés sur sa dureté et ses strates”, détaille David Mimoun. Le microphone apportera également des connaissances sur des phénomènes atmosphériques tels que la turbulence du vent, les tourbillons de poussière ou les interactions du vent avec le rover.

L'atterrissage  ? "Fierté, anxiété, excitation"

Un outil sur lequel a travaillé un doctorant de l’école, ainsi que les élèves du cycle ingénieur, qui ont pu réaliser des tests sur son bon fonctionnement. “C’est un exemple parfait pour leur donner envie de travailler dans le spatial”, se réjouit David Mimoun. Une participation à une mission martienne loin d’être un première, puisque l’ISAE Supaero a également contribué au sismomètre SEIS, qui équipe la sonde Insight, sur Mars depuis le 26 novembre 2018. Malgré l'expérience accumulée, les chercheurs de l'école toulousaine appréhendent l'atterrissage du rover Perseverance. “C’est un mélange de plusieurs émotions : fierté, anxiété et d’excitation”, confie David Mimoun. En cas d'atterrissage réussi, la fierté prendra certainement le pas sur les deux autres.

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