Le lundi 26 novembre 2018, l'atterrisseur InSight touchait le sol de Mars, plus de six mois après son départ de la base Vandenberg en Californie. Pilotée par la NASA, cette mission initiée en 2012 est la première consacrée à l’étude de la structure interne de la planète rouge... et donne désormais lieu à un gigantesque travail d'analyse scientifique. L’un des outils scientifiques principaux de la sonde actuellement sur Mars est un sismomètre SEIS, auquel l’école d'ingénieurs toulousaine Isae-Supaero a contribué.
Implication dans la conception du sismomètre SEIS
David Mimoun a planché pendant plusieurs années avec l'Institut de physique du globe de Paris puis en tant qu’enseignant-chercheur à l’Isae-Supaero au développement de ce sismomètre. “Au départ, l’idée d’un sismomètre martien paraissait complètement farfelue, mais elle a maturé”, se rappelle le chercheur. Soutenu financièrement par le Centre national d'études spatiales (CNES), l'Isae-Supaero s’est associée à des instituts de recherche (l'Imperial College de Londres et l'Université d'Oxford, l'Institut Max Planck de Recherche sur le Système Solaire ou L'École polytechnique fédérale de Zurich) pour remporter l’appel d’offres lancé par la NASA.
Le sismomètre est aujourd’hui placé sous la responsabilité de son inventeur, l’Institut de physique du globe de Paris, ainsi que celle du CNES. Son développement a couté 120 millions de dollars, sur une mission chiffrée à plus d’un milliard. L’Isae-Supaero a réalisé le modèle de l’instrument, la spécification du logiciel scientifique et contribué à la conception de ses opérations. Le projet a mobilisé les laboratoires de l’école, mais aussi des doctorants et des étudiants.
Analyse des premiers résultats dans une revue scientifique
Après l'atterrissage de l’appareil sur mars en novembre 2018, il a fallu près de trois mois pour le téléopérer depuis la Terre. Depuis un an, la phase d’opération et d’analyse scientifique bat son plein. La sonde renvoie sur des cycles d’une semaine des données qui sont ensuite analysées. “C’est de la planétologie comparée, raconte David Mimoun. Nous avons des problèmes de compréhension du système Terre et nous essayons de déchiffrer l’évolution de Mars pour en savoir davantage : pourquoi cette planète est morte ? Est-ce que cela peut nous arriver ?” Les premiers résultats ont été publiés il y a quelques semaines dans les revues scientifiques Nature Géoscience et Nature Communication, notamment sous la plume de chercheurs de l’école. Ils dépeignent une planète active, théâtre de séismes, de tourbillons et d’étranges impulsions magnétiques.
L’école souhaite désormais capitaliser sur son expertise dans le cadre du projet PIONNEERS (Planetary Instruments based on Optical technologies for an iNnovative European Exploration using Rotational Seismology). L’équipe académique menée par l’Isae-Supaero autour de PIONEERS est constituée des membres du consortium européen ayant fourni SEIS, ainsi que d’un partenaire industriel, iXBlue. La Commission européenne a financé à hauteur de 600 000 euros ce projet dont l'objectif est de créer la prochaine génération de sismomètres planétaires, en visant une rupture technologique reposant sur les technologies d’interférométrie optique.



