Le Portugal se dote du troisième supercalculateur à processeur ARM en Europe

Après l’Allemagne puis la France, le Portugal va à son tour se doter d’un supercalculateur de Fujitsu motorisé par des processeurs à technologie ARM. Un choix qui s’inscrit dans de la stratégie européenne d’efficacité énergétique et de souveraineté technologique.

 

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Fujitsu supercalculateur FX1000
Supercalculateur de Fujitsu motorisé par des processeurs ARM

La technologie de calcul intensif par des processeurs à architecture ARM se répand en Europe. Elle a été choisie par le Portugal pour le supercalculateur Deucalion qui équipera son centre de calcul avancé de Minho. D’une puissance crête de calcul de 10 petaflops (1 petaflops vaut 1 million d’opérations en virgule flottante par seconde), il sera construit par le japonais Fujitsu sur la base de son supercalculateur Fugaku équipant le centre de recherche Riken et qui est actuellement le supercalculateur le plus puissant au monde avec une puissance de calcul crête de 537 petaflops selon le Top 500 de novembre 2020.

Contrat de 20 millions d'euros

Ce projet s’inscrit dans l’initiative européenne EuroHPC visant l’acquisition de cinq supercalculateurs pétaflopiques et trois hexaflopiques en Europe d’ici 2023. Le contrat se monte à 20 millions d’euros, financés par la Commission européenne, la fondation pour la science et la technologie, et le gouvernement portugais. Les quatre autres supercalculateurs pétaflopiques équiperont le Sofiatech en Bulgarie, l’IT4 en République Tchèque, le Luxtrovide au Luxembourg et l’Izum en Slovénie.

Le Deucalion est le troisième supercalculateur à technologie ARM choisi en Europe après celui retenu par l’université de Ratisbonne, en Allemagne, et celui qui équipera le Très Grand Centre de Calcul du CEA en France. Les trois machines s’appuient sur le processeur A64FX développé par Fujitsu sur la base de la technologie ARM. Ces choix se justifient autant par des impératifs d’efficacité énergétique que par des soucis de souveraineté.

Alternative souveraine aux processeurs américains

La technologie ARM offre en effet l’avantage d’être européenne, puisqu’elle provient de la société britannique éponyme. Elle offre une alternative souveraine sur un marché dépendant presque exclusivement de processeurs américains, notamment d’Intel. Elle présente aussi l’avantage d’être plus sobre, plus compacte et moins chère que la technologie x86 de processeurs qui domine le calcul intensif. C’est pourquoi elle est au cœur de l’écrasante majorité des mobiles. Mais son adaptation au monde du calcul intensif est compliquée. Fujitsu est le premier à avoir réussi à relever le défi.

La start-up SiPearl ambitionne de donner à l’Europe son indépendance technologique en développant un microprocesseur de calcul intensif basé sur la technologie ARM. Un rêve qui s’inscrit dans le prolongement de projet européen EPI (European Processor Initiative) piloté par Atos.

Atos, partenaire

Le supercalculateur Deucalion soutiendra la recherche scientifique avancée dans les secteurs public et privé, notamment pour la médecine personnalisée, la bio-ingénierie, les prévisions météorologiques, la lutte contre le changement climatique, la découverte de nouveaux matériaux ou encore le développement de nouveaux médicaments. Il contribuera également aux travaux dans l'intelligence artificielle et le Big Data, qui joueront un rôle essentiel dans la digitalisation du Portugal et de l’ensemble de l'Europe. Le projet associe à Fujitsu plusieurs partenaires, dont le constructeur français Atos.

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