Le supercalculateur le plus puissant au monde n’est plus américain. Il est japonais : le Fugaku construit par Fujitsu et installé au centre de recherche Riken à Kobe, au Japon. C’est ce qui ressort du nouveau Top 500, le classement des 500 supercalculateurs les plus puissants de la planète, publié le 22 juin 2020 en ouverture de la conférence sur le calcul intensif, qui se déroule en virtuel du 22 au 25 juin 2020.
Une puissance de calcul de 415,5 pétaflops
Avec une puissance de calcul de 415,5 pétaflops (1 pétaflops vaut 1 million de milliards d’opérations en virgule flottante par seconde) selon le référentiel Linpack, le Fugaku déclasse le supercalculateur américain Summit, qui occupait la tête du classement depuis juin 2018. Il s’impose comme près de trois fois plus puissant que le Summit, qui rétrograde à la deuxième place avec une puissance de 148,6 pétaflops.
Le Fugaku marque une rupture majeure en étant le premier supercalculateur en tête du Top500 motorisé par des processeurs à architecture ARM, une technologie utilisée jusqu’ici principalement dans les mobiles. Fujitsu a réussi à l’adapter au calcul intensif et à en faire un élément essentiel de souveraineté puisque le processeur A64FX à la base de cette machine est le premier microprocesseur de supercalculateurs 100 % japonais. Un exemple que l’Europe veut imiter avec l’initiative SiPearl.
3 supercalculateurs européens dans le Top 10
La Chine conserve deux places dans le Top 10, mais ses deux supercalculateurs les plus puissants, le Sunway TaihuLight (puissance de calcul de 93 pétaflops) et le Tianhe-2A (puissance de calcul de 61,4 pétaflops), rétrogradent d’une place dans le classement à respectivement la quatrième et la cinquième.
Une bonne surprise vient de l’Europe qui fait rentrer dans le Top 10 deux nouveaux supercalculateurs en plus du Piz Daint suisse qui y est présent depuis novembre 2014 : le HPC5 d’une puissance de 35,5 pétaflops installé chez la société italienne d’hydrocarbures Eni à Ferrera Erbognone et le Marconi 100 de 21,6 pétaflops équipant le centre de calcul italien Cineca à Bologne. Ils sont respectivement construits par Dell et par IBM.



