Basée à Cavaillon (Vaucluse), la société Sterne conçoit, développe et industrialise des pièces en silicone (à partir de matières liquides ou solides) pour divers secteurs. Environ 60% de son activité est consacrée au secteur médical (fabrication de cathéters, sondes, implants, notamment à destination de Sartorius Stedim), mais elle fournit aussi le nucléaire, le transport ferroviaire ou les groupes spécialisés dans les emballages alimentaires…
Impression 3D en silicone
Comme de nombreuses entreprises, cette PME de 65 personnes subit de plein fouet les conséquences de la crise énergétique. La société, qui dispose de 4 000 m² d’ateliers, laboratoires et bureaux, dont 700 m² de salles propres (classées Iso 6,7 et 8), n’a pas eu de chance avec la conjoncture : son contrat d’approvisionnement électrique sur trois ans avec EDF, signé en 2019, s’achevait en octobre 2022. La renégociation s'apparente à une douche froide. «Notre facture en 2022 s’élevait à 115000 euros, confie Céline Laget, PDG et cofondatrice avec Jean-Claude Scardigli. A périmètre équivalent, elle atteindra 450000 euros en 2023».
Sterne est entré fin 2021 dans le giron d’Exsto Group (polymères techniques). Confrontée à l’augmentation d’autres coûts (matières premières, composants, salaires…), la PME chasse depuis longtemps les économies d’énergie, investissant dans la modernisation et l’isolation de ses bâtiments. Un diagnostic de ses consommations (Diag Eco-Flux, proposé par Bpifrance) a même attesté de l’impact de ses efforts. Conceptrice d’une technologie d’impression 3D en silicone (SiO Shaping) qui lui évite d’investir dans des moules pour des pièces complexes et atypiques, l'entreprise recherche encore des axes de progrès pour gagner en excellence opérationnelle.
Investissement industriel et numérique
«D’ici à la fin du 1er trimestre 2023, nous aurons achevé l’intégration d’un système de dématérialisation de l’information qui permettra à chacun de nos opérateurs sur les lignes de production d’accéder à une vision précise, et en temps réel, du fonctionnement et des performances de chaque machine. Tous nos équipements seront interconnectés, ce qui les aidera à réajuster et à optimiser plus facilement leur consommation énergétique. C’est un investissement financier de l’ordre de 200000euros», explique Céline Laget.
Si Sterne n’utilise que très marginalement du gaz par rapport à l’électrique pour chauffer le silicone, elle a néanmoins planché, avec l’explosion des coûts de l’électricité, sur une autre méthodologie, pour tendre à la réduction de 10% réclamée par le gouvernement : «Nous créons un atelier de production de 100 m² fonctionnant sur une technologie de réticulation UV des silicones pour l’extrusion, le moulage et la fabrication additive, au lieu de faire appel à de la chaleur», poursuit la dirigeante. Les UV permettent d’obtenir une réaction de réticulation à moins de 70 degrés dans des délais raccourcis et consomment moins d’énergie que les fours classiques de réticulation ou les presses chauffantes. Cette technologie associe en plus le silicone et le plastique, ce qui peut ouvrir de nouvelles opportunités de marchés.
Organisation optimisée, turn-over limité
Parallèlement, Sterne s’est engagée, après un audit organisationnel mené en 2022, dans un vaste plan de formation interne qui se poursuivra en 2023 «parce qu’il faut responsabiliser à tous les niveaux», insiste la dirigeante. «Nos équipes sont plutôt stables, mais il est très difficile de recruter des opérateurs. Nous veillons à la qualité relationnelle au travail pour développer un réel sentiment d’appartenance au projet. Nous intervenons pour des clients de secteurs stratégiques. Nous sensibilisons donc nos salariés sur l’utilité et la valeur des fabrications qu’ils réalisent chaque jour». Un état d’esprit que Céline Laget s’emploie à déployer à l’international. «Avec Exsto, nous prévoyons de mettre en service avant l’été 2023 l’agrandissement de 600m², dont une salle blanche de 250m² , d’une usine au Brésil. Portés par les projets de nos clients, nous devrions continuer à croître à l’avenir». Environ 35% du chiffre d'affaires généré par la PME en 2021 (11 millions d'euros) provenait en effet de l'international, dans 25 pays.



