Cet automne, tout le monde s’est mis à la sobriété énergétique. Selon les derniers chiffres de RTE, la diminution de la consommation électrique atteint 9% sur la période fin novembre - début décembre, lorsqu’elle est comparée aux chiffres de la période 2014-2019. La baisse est légèrement plus marquée chez les industriels, à 12%, contre 7% pour le résidentiel et le tertiaire. Il est pour l’instant impossible de séparer la consommation de ces deux secteurs, a confié RTE au Parisien.
En octobre, le gouvernement lançait son plan de sobriété générale, avec la campagne de communication «Je baisse, j’éteins, je décale», la création d’une aide pour rénover son appartement, le raccorder à un réseau de chaleur ou investir dans une pompe à chaleur. Le plan consistait également à inciter les collectivités et les entreprises à réduire leur consommation en prenant diverses mesures.
Extinction des feux
Un appel qui semble avoir fait son effet, puisque la sobriété énergétique est considérée par les maires comme la priorité numéro une, selon le baromètre de l’observatoire français de la transition écologique, publié par Enedis le 15 novembre. Le gestionnaire du réseau d’électricité a par ailleurs constaté le 27 décembre «une baisse historique» de 20% de la consommation électrique de l’éclairage public.
Ce déclin est du à l’extinction des lumières durant une partie de la nuit, une mesure adoptée par exemple par l’agglomération de Saint-Quentin-en-Yvelines (Yvelines). La communauté de douze communes a choisi d'éteindre les lumières entre 1h et 5h sur certains des villages et a également baissé l’intensité lumineuse de ses lampadaires à LED entre 22h et 6h. Elle vise un parc de lampadaires 100% LED à l’horizon 2030, car ils permettent de fournir un éclairage gradué. Un objectif déjà atteint par Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), qui a pu réduire sa consommation de 55% depuis 2008 grâce à ce dispositif.
En plus de laisser la plupart de ses monuments dans le noir la nuit tombée, la mairie de Bordeaux (Gironde) a suivi une autre piste : l’extinction des moteurs et éclairages des panneaux d’affichage publicitaire entre 23h et 7h, une mesure effective depuis le 1er octobre.
Chauffer moins et mieux
La lumière n’est pas le seul levier mobilisé par les collectivités pour réduire la facture. Ainsi, de nombreuses villes comme Drancy (Seine-Saint-Denis) ou Mulhouse (Haut-Rhin) ont choisi d’abaisser la température à 19° dans les bâtiments administratifs et de réduire la température des piscines de 1°. Paris a de son côté décidé de repousser la saison de chauffe aux vacances de la Toussaint. D’autres font appel à des énergies alternatives, comme Boulogne-Billancourt, qui chauffe ses bâtiments administratifs au biométhane.
Des efforts sont également menés chez les entreprises. Trane France a par exemple installé une pompe à chaleur dernier cri sur son site de Charmes (Vosges), le 15 décembre. La Brosserie Française, à Beauvais (Oise), a choisi, en 2015, de cloisonner ses compresseurs, pour pouvoir flécher la chaleur qu’ils émettent vers l’extérieur ou l’intérieur selon la saison. D’autres réduisent leur besoin en chauffage en fermant leurs bureaux durant la période des fêtes de fin d’année, comme le groupe BPCE ou Allianz France.
Mettre en place un plan de sobriété
Enfin, certains s’inspirent du plan de sobriété du gouvernement et s’inscrivent dans des démarches de sobriété énergétique complètes. C’est le cas de Rexel France, qui a affiché le 10 octobre l’ambition de réduire de 20% sa consommation électrique d’ici juin 2023. Le fournisseur de matériel électrique a pour cela décidé d’investir 3 millions dans la rénovation énergétique de ses sites, de mettre en place un programme d’équipement en systèmes photovoltaïques et de lancer un plan de sensibilisation auprès de 5 000 collaborateurs.
Schneider Electric a quant à lui «demandé à chacun des sites de travailler son plan urgence énergétique» et a pris plusieurs engagements, comme la signature de la charte Ecowatt, la réduction de ses consommations de gaz (sans préciser d’objectif) et la baisse de sa consommation d’énergie de 10% minimum sur deux ans. De son côté, Michelin mise notamment sur la conversion de ses presses de cuisson pour pneumatiques du gaz vers l'électrique pour devenir moins gourmand en énergie.



