Pour la deuxième année consécutive, les contrats d’apprentissage connaissent un succès spectaculaire. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a publié les chiffres de ce mode de formation. 718 000 contrats ont été signés en 2021, la quasi-totalité dans le secteur privé (97%). Pour le privé, il s'agit d'une hausse de 37% par rapport à 2020.
L'apprentissage avait déjà connu un boom en 2020, avec 510 000 contrats sur l'année, contre 354 000 signés en 2019, soit une augmentation de 44%. Si cette tendance se maintient, le nombre de contrats pourrait dépasser le million en 2023, ce qui signifierait qu’un travailleur sur trente en France serait en apprentissage.
15% de contrats dans l’industrie
Le secteur des services absorbe une large majorité des contrats d’apprentissage (71%). L’industrie arrive en deuxième position avec 15% des contrats signés dans ce secteur, suivie de la construction (11%) et de l’agriculture et de la pêche (3%). Ce sont les petites entreprises (moins de 50 salariés) qui captent les deux-tiers des apprentis. Six jeunes sur dix trouvent en emploi à l’issue de leur formation.

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Avec l’augmentation du nombre d’apprentis, la France rejoint d’autres pays européens, rodés à ce système de formation comme la Suisse, le Danemark, le Royaume-Uni ou encore l’Allemagne, qui comptait 1,3 million d’apprentis en 2019. Pour encourager ce type de formation, la Commission européenne avait d’ailleurs lancé l’Alliance européenne pour l’apprentissage en 2013.
L’épineuse question du financement
L’explosion du nombre de contrats d’apprentissage depuis deux ans n’est pas un hasard : elle correspond à la mise en place d’une aide à l’embauche instaurée par le gouvernement en juin 2020 pour faire face à la crise économique. Cette aide versée aux entreprises qui signent un contrat d’apprentissage s’élève à 5 000 euros pour un mineur et 8 000 euros pour un majeur et couvre l’essentiel des frais de l’employeur pour la première année. La réforme de la formation de 2018 avait également facilité le financement des centres de formation d'apprentissage (CFA) et stimulé la voie de l'apprentissage.
Avant cette réforme, le nombre de contrats d’apprentissage en France s’établissait autour de 300 000 et avait même baissé en 2014. Si elle est un accélérateur incontestable de l'apprentissage, cette réforme a également participé à creuser le déficit de France compétences, l’autorité de financement de l’apprentissage créée en 2019. Ce déficit s’établit à 3 milliards d’euros pour l’année 2021, après 4,6 milliards pour l’année 2020.
L’Etat a dû renflouer cet organisme à hauteur de 2,7 milliards d’euros en novembre 2021. L’aide à l’embauche des apprentis pour les entreprises doit prendre fin en juin 2022, date à laquelle les derniers contrats signés seront encore éligibles à l’aide. La question de son renouvellement interroge sur la pérennité de son système de financement.



