Optimisme ! C’est le maître mot des entreprises interrogées par L’Usine Nouvelle sur leurs prévisions d’embauches pour 2022. Les 100 plus gros recruteurs ayant répondu à notre enquête prévoient 165 000 recrutements cette année, alors qu’en 2021, ce nombre était tombé à 140 000. On retrouve quasiment le niveau d’avant-Covid, quand les 100 plus gros recruteurs envisageaient 169 000 recrutements pour 2020.
D’ailleurs, les deux tiers des entreprises interrogées (69 %) prévoient plus d’embauches en 2022 qu’en 2021. Une tendance confirmée par une note de conjoncture de l’Insee publiée mi-décembre, selon laquelle l’emploi salarié et non salarié dépassera fin juin 2022 son niveau de fin 2019 de 387 000 emplois. Avec, comme conséquence, une baisse du taux de chômage, qui devrait tomber à 7,6 % au second trimestre 2022, selon l’Insee.
En tête de notre classement : LVMH, avec 16 700 recrutements prévus (contre 9 500 l’an dernier), preuve que l’industrie du luxe a bien résisté à la crise sanitaire. Arrivant en deuxième position, la SNCF voit également le nombre de ses recrutements augmenter fortement d’une année sur l’autre : 16 000 en 2022, contre 13 200 en 2021. Elle embauchera massivement des ingénieurs et des techniciens de maintenance, mais peinera à trouver des ouvriers qualifiés ou des agents de maîtrise.
Les prévisions d'embauche 2022
Enquête réalisée par François Rousselle du 22 novembre au 10 décembre 2021, à partir d’un questionnaire élaboré par L'Usine Nouvelle et envoyé à plus de 800 entreprises - © L'Usine Nouvelle
Des postes en tension
Un quart des entreprises sondées (24,8 %) anticipent d’ailleurs des difficultés de recrutement pour plus de la moitié de leurs postes à pourvoir. Il s’agit avant tout des experts métiers (88 % des réponses), des techniciens (45 %) et des managers (44 %).
Interrogées sur les solutions qu’elles sont prêtes à mettre en œuvre pour surmonter ces difficultés, les entreprises citent en premier lieu les horaires flexibles et le télétravail. Seul un tiers d’entre elles envisage d’augmenter les salaires et un quart prévoit de verser des primes. Keyrus, société spécialisée dans le conseil et la data, joue sur tous les tableaux : elle se dit disposée à proposer des hausses de salaire, certes, mais aussi plus de flexibilité, des bonus liés à la productivité et des formations régulières.
Enquête : François Rousselle



