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[L'instant tech] Le dernier robot de Boston Dynamics est dédié... à déplacer des cartons

Le roboticien Boston Dynamics a dévoilé lundi 29 mars son dernier né. Prénommé Stretch, il s'écarte des prouesses sportives et de l'anthropomorphisme pour dédier son bras articulé mobile à la manutention dans les entrepôts.

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Stretch
Plutôt que de danser tout l'été, l'industrieux Stretch est dédié à l'automatisation des entrepôts.

Patiemment, le robot entre dans un camion empli de cartons. Un convoyeur attaché derrière lui, il s’installe dans le poids lourd. Avant d’actionner son bras équipé d’une ventouse pour en décharger méthodiquement le contenu. En comparaison avec les robots qui ont fait la célébrité de Boston Dynamics, le chien Spot et l’humanoïde Atlas, le dernier né baptisé Stretch fait pâle figure. Loin des prouesses de gymnastique et des danses endiablées.

Est ce le début de l'âge de raison ?

Présenté par le roboticien américain (racheté par Hyundai en fin d’année 2020) lundi 29 mars, Stretch est une évolution logique. celle d'aller des prouesses robotiques vers les besoins du marché. En l’occurrence la logistique et l’automatisation des entrepôts, dont Boston Dynamics note qu’ils sont déjà 150 000 dans le monde, et devraient être près de 30 000 de plus d’ici 2025. Prévu pour sortir commercialement en 2022, Stretch doit d’abord se concentrer sur le déchargement des camions avant d’étendre sa gamme vers le chargement de palettes. La firme cherche pour l’instant des clients "pilotes" pour tester le robot en contexte réel.

Automatisation flexible

Concrètement, Stretch se présente comme une sorte de bras articulé avec sept degrés de liberté. Monté sur roues, il peut se déplacer dans toutes les directions pour se faufiler entre les cartons et les étagères, puis pour y déplacer boîtes et cartons. De quoi effacer la lourdeur des convoyeurs fixes et se rendre disponible pour tous types d’entrepôts, espère Boston Dynamics. Dans son communiqué de presse, la firme précise que “Stretch offre aux logisticiens une voie plus simple pour l’automatisation, qui pourra se faire dans les entrepôts et les opérations existantes”. Il est par ailleurs doté du système de vision déjà développé pour les autres automates de la pépite américaine pour identifier les boîtes et leurs emplacements.

Si l’on se fie à la vidéo publiée, le prototype se concentre pour l’instant sur des applications simples, face à des cartons uniformes et bien ordonnés. A terme, il devrait pouvoir soulever des boîtes de 23 kilos (50 livres) et déplacer jusqu’à 800 cartons par heure, a expliqué le vice président du développement commercial de la firme, Michael Perry, au média Reuters.

Concurrence

Ce n’est pas la première fois que le roboticien se penche vers les entrepôts. En 2017, il avait déjà présenté Handle, sorte de grue sur roue dédiée à la manutention, mais finalement jugé trop lent pour des applications industrielles, selon les informations du site spécialisé The Robot Report. D’où l’apparition de Stretch, posé sur une base servant de contrepoids et capable de se déplacer plus rapidement.

Reste à voir si l’expérience de roboticien généraliste de Boston Dynamics suffira à lui donner l’avantage dans un contexte fortement concurrentiel. Au-delà des spécialistes de la logistique qui réinventent les entrepôts, comme Scallog ou Exotec en France, plusieurs roboticiens ont développé des robots manipulateurs mobiles aux applications proches du dernier né de la firme de Boston. Dernier en date, le palettiseur à bras robotisé Flexlink propose de traiter jusqu'à 12 boîtes de 15kg par minutes. Le futur dira si le passage original de Boston Dynamics par la deeptech lui permettra de se distinguer dans un marché classique.

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