Plante à tout faire, le lin s’incorpore aussi dans les menuiseries. L’extrudeur Océplast, fort de 50 salariés à Aizenay (Vendée), en a même fait un nouveau matériau composite sous la marque Océwood.
La PME utilise en fait l’anas du lin, gangue protégeant la fibre de la plante, qu’elle mélange à du PVC recyclé, sous forme micronisée. Ce nouveau composite est transformé en produits d’aménagement extérieurs dont des lames de terrasse, de clôtures, de claustra et, depuis peu, de portails. Mieux, l’entreprise a développé un process de coextrusion de deux matières : la structure des lames est fabriquée en matériaux recyclés, tandis que sa surface se compose d’une peau en PVC vierge, "cette partie visible du matériau pouvant être colorée et nuancée", détaille Bertrand Dubin, son cofondateur.
Pour prolonger l’innovation, Océplast vient de lancer Récup’ chutes, un programme permettant de récupérer, partout en France, les chutes de lames composites de ses clients afin de les recycler et de les réintégrer dans le système de production. Un travail continu de design est mené avec l’agence nantaise 6° Designers. L’ensemble de la démarche a valu à la marque un prix Janus 2019 du design, dans la catégorie composants et matériaux. À l’origine, l’entreprise mélangeait de la farine de bois au PVC, mais ce matériau étant accaparé par la filière pellets (combustibles), Océplast s’est tourné dès 2017 vers la filière lin vendéenne, l’anas étant le plus souvent brûlé ou transformé en litière pour animaux. Océplast réinvestit de 5 à 10 % de son chiffre d’affaires (13 millions d’euros l’an passé) en R&D. La PME a été sélectionnée en 2018 par l’intégrateur Bpifrance excellence.



