En 2022, la Banque de France s’est attaquée pour la première fois aux grandes entreprises avec des comportements de paiement inadaptés dans le cadre de son activité de notation du risque de crédit.
L’opération, dite de sensibilisation, a conduit l’institution à dégrader les cotes de crédit d’un peu moins de 10 % des 1 600 sociétés analysées. Une démarche pas si anodine quand on sait que cette note sert aux entreprises dans le dialogue avec leur banquier sur leur financement.
Et la Banque de France ne compte surtout pas s’arrêter en si bon chemin. «Cette année, nous allons tripler le nombre d’entreprises que nous regardons» pour les comportements de paiement, a affirmé son gouverneur, François Villeroy de Galhau, en mars. Quelques semaines plus tôt, il avait estimé à 16 milliards d’euros la trésorerie indûment captée par les grands groupes via l’allongement des délais de paiement aux PME et TPE. Ces pratiques de règlement permettent aux grandes entreprises de «bénéficier d’une situation de trésorerie plus favorable» qu’elle ne devrait l’être, a regretté Denis Beau, le premier sous-gouverneur de la Banque de France. De quoi justifier une tape sur les doigts en plus d’un rappel des bonnes pratiques.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3718 - Mai 2023



