C’est un signal positif pour la filière automobile en Bretagne. Lors d'un CSE extraordinaire le 4 février, la direction du site Stellantis de Rennes-La Janais (Ille-et-Vilaine) a annoncé la réintégration d’une seconde équipe de production à partir du 24 mars. «Nous allons rappeler les 250 intérimaires qui nous avaient quittés en fin d’année 2024», détaille Nathalie Bertran. La porte-parole du site confirme par ailleurs à L’Usine Nouvelle dix nouvelles embauches en CDI d’ici à fin mars. D’autres recrutements pourraient suivre, mais la direction ne s'avance pas sur un chiffre précis pour le moment.
Hausse de la demande en diesel
C'est une surprise pour le salariés, alors que le site industriel ne fonctionne plus qu’avec une seule équipe depuis le mois de janvier. Il y a encore quelques jours, les 1800 salariés s’attendaient même à un premier semestre terne, avec du chômage partiel. L'usine est en pleine phase de transition. Elle se prépare en effet à accueillir la remplaçante de l'actuelle Citroën C5 Aircross, lancée en 2018 et qui arrive en fin de vie.
Ce regain d'activité s’explique par de tardives nouvelles commandes. «Nous avons beaucoup de clients qui demandent du thermique et notamment du diesel, ce qui a motivé Citroën à ouvrir plus de volumes pour ce modèle», indique Nathalie Bertran. «On ne va pas non plus sauter au plafond quand on voit le nombre d’emplois qui ont été supprimés ces dernières années, mais cela reste positif», lance Laurent Valy, secrétaire du CSE pour la CFDT. «C’est un gage de renouveau d’activité pour 2025 et un rebond pour l’emploi», se félicite Didier Picard, délégué syndical CFE-CGC.
160 millions d'euros d'investissement
Il y voit la conséquence «du changement de gouvernance et de stratégie commerciale ainsi que les interrogations sur le marché de l’électrique, qui progresse plus lentement que prévu». Si les ventes de voitures électriques se maintiennent en ce début d’année avec une part de marché à 17%, les constructeurs doivent grosso modo vendre un quart de leurs voitures en motorisation électrique pour respecter les objectifs de décarbonation fixés par l’Union européenne. Même si Didier Picard salue la décision du groupe, il continue à réclamer un plan d’embauches rapide pour toutes les catégories socio-professionnelles, et notamment les ingénieurs/cadres et managers. Nathalie Bertran se veut rassurante sur l’avenir de La Janais : «Nous faisons partie des sites les plus performants. Nos résultats nous permettent d’être confiants sur le futur de l’usine».
Afin de produire la nouvelle Citroën C5 Aircross, Stellantis a récemment investi 160 millions d’euros dans des nouveaux ateliers ferrage, batteries et injection plastique. La ligne de production est également en cours de modernisation pour accueillir la plateforme multi-énergies STLA Medium, qui permet la production sur une même base de véhicules thermiques, hybrides et électriques. Dans le même temps, «Stellantis a fermé l’atelier outillage du site pour le délocaliser», tient à rappeler Laurent Valy. Le groupe estimait ne plus pouvoir rivaliser avec la concurrence externe.



