L'unité mobile pour dépolluer les eaux industrielles d'Ajelchim, primée à Global Industrie

A l'occasion du salon Global Industrie, qui se tient du 25 au 28 mars à Paris, L'Usine Nouvelle vous propose de découvrir quatre innovations primées pendant le salon. Aujourd'hui, la Chimicapt®Box, une unité mobile de dépollution instantanée des micropolluants métalliques et organiques proposée par la start-up Ajelchim, fruit du partenariat entre la spin-off du CEA et de Paris Saclay Ajelis et le groupe chimique français Chimirec.

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Installation d'une CHIMICAPTBox
Installation d'une CHIMICAPT®Box

Traiter rapidement un large panel d'effluents industriels chargés en métaux lourds, pour répondre à des normes de rejets de plus en plus strictes de la part des directions régionales de l'Environnement, de l'Aménagement et du Logement (DREAL). C’est la raison d’être de Chimicapt®Box, une unité mobile de dépollution instantanée des déchets liquides industriels. L’innovation, lauréate du GI Awards Jeune Pousse de Global Industrie, fonctionne grâce à un processus de filtration basé sur des fibres régénérables  et adaptées aux différents polluants.       

Fondée en février 2023 à la Roche-Clermault (Indre-et-Loire), Ajelchim est le résultat d’une joint-venture entre l’industriel français Chimirec, spécialiste du traitement des déchets industriels, et la start-up Ajelis, qui se consacre depuis dix ans à l’élaboration de filtres pour le traitement des métaux lourds. «Notre Chimicapt®Box est une unité mobile qui est beaucoup plus rapide à installer que les machines existantes, car elle passe par la porte d’une usine et ne nécessite la présence que de deux à trois personnes», affirme Ekaterina Shilova, présidente d’Ajelchim.

Une capture dix fois plus rapide qu’avec les matériaux existants

C’est en 2007 que la chimiste d’origine russe Ekaterina Shilova intègre le CNRS où elle travaille sur le traitement des déchets liquides toxiques, avant de rejoindre le CEA. La jeune chercheuse de 28 ans a déjà su faire preuve de son caractère entrepreneurial en co-créant, à Moscou, une entreprise dédiée à la fabrication de molécules à haute valeur ajoutée pour le secteur pharmaceutique. En 2009, la future lauréate du Trophée de la Femme d'innovation 2018 de L’Usine Nouvelle rencontre le directeur de recherche scientifique au CEA, Pascal Viel, spécialiste de la chimie de surface et des matériaux polymères et Vincent Huc, directeur de recherche CNRS à l’Université Paris-Saclay.

Ensemble, ils fondent en 2014 à Orsay (Essonne) la start-up Ajelis qui développe et commercialise des filtres absorbants de métaux lourds (cuivre, nickel, zinc, plomb, chrome, cobalt,...). Mais aussi d'autres éléments dissous dans des eaux industrielles ou communales comme les anions ou certains composés organiques toxiques. Ces filtres sont constitués de fibres polymères dépolluantes baptisées METALICAPT®. «Ils contiennent les fonctions chimiques adaptées aux matériaux que nous souhaitons capter, ce qui permet une élimination dix fois plus rapide qu’avec les matériaux actuellement existants comme le charbon ou les résines échangeuses d’ions», affirme Ekaterina Shilova. Autre avantage selon la chimiste : «nos fibres permettent de traiter différents matériaux considérés jusqu’à présent comme non traitables, évitant ainsi leur transport vers le centre d'incinération. Unefois saturées, les fibres sont régénérables et régénérables, générant là encore d'importantes économies".

Une machine louée par des usines textiles ou pharmaceutiques

Lauréat du concours mondial de l’innovation en 2014, Ajelis obtient un premier financement d’un million et demi d’euros. La start-up remporte ensuite plusieurs concours, ce qui lui permet de se développer et de devenir rapidement rentable. L’intérêt du partenariat avec Chimirec : offrir aux industriels une solution de dépollution sur mesure grâce à la ChimicaptRBox. L’industriel a par ailleurs détaché une dizaine de ses employés pour le développement commercial d'Ajelchim.

Depuis l’été dernier, deux machines sont en location dans des usines textiles ou pharmaceutiques afin de retirer les éléments nickel et cuivre. «La location mensuelle d’une machine ne dépasse pas 2000 euros et c’est la formule idéale pour un industriel dont la quantité d’effluents émise va augmenter significativement mais de manière ponctuelle, par exemple lors d’une intervention chez un client» précise la Présidente d’Ajelchim. A terme, cette dernière espère mettre en location une quinzaine de machines.

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