[L'instant tech] Volta, un drone pour protéger les éoliennes de la foudre

Fondée en 2017, la start-up SupAirVision s’est spécialisée dans la digitalisation du diagnostic des pales d’éoliennes à l’aide de drones. Après Sherlock et Clarity, l'entreprise basée à Troyes (Aube) présentait le 23 mai son dernier drone, baptisé Volta, pour diagnostiquer le chemin de foudre des pales d’éoliennes.

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drone volta
Grâce à une perche embarquée qui le relie à la station au sol, le drone Volta s’élance dans les airs pour venir diagnostiquer successivement cinq à sept pastilles métalliques posées sur la pale d’éolienne.

Dernier né de la start-up champenoise SupAirVision, présente au salon VivaTech sur le stand d’Engie du 14 au 17 juin, le drone Volta propose un système d’inspection pour tester les chemins de foudre, dispositif juché au bout des pales d’éoliennes pour capter la foudre et la conduire à la terre. Une nouvelle version de son produit, au design repensé et à la gestion des données améliorée, était présentée le 23 mai dernier lors d’une démonstration à Troyes (Aube).

Equipé d'une perche embarquée, le drone Volta s’élance à une centaine de mètres dans les airs pour diagnostiquer successivement cinq à sept pastilles métalliques collées sur la pale d’éolienne, qui permettent de ramener l’énergie de la foudre à la terre à l’aide d’une mousse conductrice appelée touche. Grâce à une caméra à vue immersive contrôlée par un opérateur, Volta réalise une dizaine de mesures en quelques secondes. L’objectif : tester la performance et la résistivité des cycles électriques.

Les mesures sont enregistrées en temps réel sur une application, où est envoyé un rapport en fin de cycle. «Lorsque la résistance électrique est faible, l’électricité passe parfaitement, explique Sébastien Arnould, dirigeant de SupAirVision. En revanche, lorsque la résistance augmente, le courant a du mal à passer dans le cadre et la dissipation de l’énergie sera plus difficile en cas de foudre.» Pour son drone, sur lequel un brevet a été déposé, SupAirvision utilise des appareils du fabriquant chinois DJI équipés de capteurs et reprogrammés.

La foudre, responsable de 15% des ruptures de pale et des incendies

Chaque année, les parcs éoliens sont touchés en moyenne par trois coups de foudre, qui sont responsables d’environ 15% des ruptures de pale et des incendies. La règlementation française préconise un diagnostic biannuel des chemins de foudre, réalisé actuellement par des cordistes en rappel «qui mesurent manuellement la résistance électrique du système», explique Sébastien Arnould, qui présente sa solution comme «plus sûre» et «rapide».

«Il faut trois heures à un technicien pour faire un diagnostic complet, quand nous pouvons le réaliser en seulement 30 minutes, ce qui nous permet d’inspecter 10 à 20 éoliennes par jour et d’effectuer un rapport en temps réel», pointe le Champenois. Les techniciens cordistes en charge de l’inspection et de la maintenance des éoliennes s’exposent par ailleurs à des risques importants comme la chute, mais aussi l’électrocution.

Créée il y a cinq ans, la start-up SupAirVision, qui compte une quinzaine de salariés, a précédemment lancé deux autres drones : Sherlock, spécialisé dans l’inspection photographique des éoliennes, et Clarity, développé en partenariat avec Engie, qui produit des images thermiques pour détecter en amont des défauts de collage interne liés à l’usure des pales. Engie Green, qui a également donné l'accès à ses machines pour les tests de développement, a été le premier client majeur de Volta en le qualifiant dans son protocole de maintenance.

Rattraper les Chinois et les Américains

Actuellement, la France compte plus de 8 500 éoliennes installées, soit un potentiel de 25 000 pales à inspecter, et représente le quatrième marché européen, qui compte plus de 100 000 éoliennes. «Une majorité de ces éoliennes arrivent dans leur deuxième décennie d’exploitation, donc les besoins de maintenance et de diagnostics sont réels, argue le dirigeant. Par ailleurs, les éoliennes sont aujourd’hui de plus en plus puissantes, plus hautes et équipées de pales plus longues, ce qui rend les diagnostics humains plus complexes et dangereux.»

SupAirVision ambitionne ainsi de s’imposer comme la référence mondiale pour l’inspection des pales d’éoliennes. «Nous sommes le seul au niveau international à proposer un système d’inspection des chemins de foudre», pointe Sébastien Arnould, qui propose son système Volta en location. Un pari pour la pépite française, dans un secteur concurrentiel où les Chinois et les Américains ont déjà pris une part importante du marché.

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