40 sites, 13,5 millions de billets, 20 000 journalistes, 4 milliards de téléspectateurs… Les jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 représentent «l’Everest des télécoms» pour Christel Heydemann, directrice générale d’Orange. Un sommet que l’opérateur s’apprête à gravir seul, alors que cinq de ses comparses s’étaient partagé l’organisation des jeux de Tokyo 2020. Lors d’une conférence de presse tenue le 11 octobre, le groupe a présenté sa stratégie pour assurer la couverture de toutes les épreuves des JO à venir. Elle tient en un sigle: 5G.
Habitué des grands événements sportifs – Tour de France, Coupe du monde de football, Roland Garros… – Orange profite de cette méga-compétition pour mettre sur pied un nouveau standard, basé sur «une architecture unifiée, nativement IP» (donc portée par les protocoles internet), développe Christel Heydemann. Un protocole qui devrait, selon elle, faciliter les partages inter-opérateurs.
Ce standard comprend notamment un système de transmission à faible latence des images en 4K, via la 5G, et d’un mode de communication dit «push to talk», remplaçant les talkies-walkies, basé lui aussi sur la 5G. «Toute l’architecture est unifiée, car fondée sur un réseau totalement en IP, afin d’améliorer les performances et l’efficacité des services sur tous les sites, ajoute Pierre-Louis de Guillebon, CEO d’Orange Events. Tout cela s’appuie sur les offres Orange existantes, mais les JO permettent d’aller plus loin.»
Une infrastructure au bilan carbone limité
A deux ans de la cérémonie d’ouverture, l’heure est aux premiers déploiements opérationnels. «Toute l’infrastructure backbone [colonne vertébrale, ndlr] est déjà en place, certaines choses devront être mises en place à la dernière minute», précise Pierre-Louis de Guillebon. Une vague d’événements sportifs tests – dont une régate à Marseille l’année prochaine – permettront la mise au point des derniers détails de l’infrastructure sur mesure d’Orange.
La transformation des sites pouvant accueillir différents sports à quelques heures d’intervalle, la couverture réseau en mer pour les épreuves aquatiques, la mobilité des équipes organisatrices ou encore la cérémonie d’ouverture, qui demandera de connecter plus d’une centaine de barges sur la Seine et de gérer l’afflux de centaines de milliers de personnes, restent encore autant de défis à résoudre d’ici à 2024.
L’opérateur, qui fait appel au cabinet Carbone 4 pour évaluer l’impact environnemental de son projet, assure que son installation affichera un bilan carbone inférieur à celles des jeux précédents. Il précise aussi que la majorité des équipements déployés pendant l’événement restera en place au-delà. Le reste sera réutilisé dans sa totalité, sur d’autres événements sportifs ou pour apporter la 5G d’autres projets et territoires.



