[L'Instant Tech] La pépite BeFC compte à nouveau sur le CES pour doper ses piles en papier

Découverte par le grand public au CES 2020, la jeune pousse grenobloise BeFC souhaite profiter de l’édition numérique du salon en 2021 pour continuer à se faire connaître et identifier de nouveaux marchés pour sa pile écologique en papier.

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BeFC pile en papier
BeFC réalise à la fois la cellule en papier de sa pile et l'électronique adjacente pour proposer un produit complet

“Avec le numérique, nous pouvons parler à de potentiels clients à l’international toute la journée, et présenter notre technologie de cinq heures du matin, pour les clients asiatiques au Japon ou en Australie, à minuit pour les clients américains”, décrit Jules Hammond le PDG de la start-up grenobloise BeFC au sortir de sa première journée de CES à distance. En 2021, le salon a lieu sous forme numérique, et non pas à Las Vegas comme à son habitude, pour ne pas propager le Covid-19. Une gageure pour la jeune pousse, qui compte néanmoins sur l’opportunité pour doper ses biopiles écologiques, à base papier et d’enzymes, et dénicher de nouveaux marchés.

Moins de buzz

La contrainte du numérique, qui dillue l’effervescence habituelle du salon américain de la tech, reconnaît l’équipe de BeFC, n’a pas empêché la jeune pousse d’y participer. En 2020 déjà, la start-up avait présenté sa technologie d’accumulateur électrique à base de papier lors du même salon. Une participation en avant-première, avant même la création officielle de BeFC en mai 2020, et lors de laquelle la start-up grenobloise encore en phase d’incubation avait déjà attiré les foules.

“Cette année, l’ambiance est différente, relate Jules Hammond. Si le numérique nous permet de parler à des clients toute la journée, le côté négatif est que le buzz disparaît". Pourtant récompensée par de nombreux prix cette année - parmi lesquels la première place lors du challenge EDF Pulse 2020, l’étiquette “start-up à garder à l'œil" du Nature Spinoff Prize ou encore un Honoree award du CES 2021 - l’équipe de la jeune pousse ne retrouve pas derrière ses écrans l’ambiance des allées de Las Vegas de l’année dernière.

“En présentiel, quand un stand attire 20 personnes, cela crée un effet boule de neige et tout le monde veut voir la technologie sexy qu’il abrite, explique Jules Hammond. C’est ce qui est perdu avec l’expérience numérique”. Un regret modéré par le fait que la première journée du CES a néanmoins permis à BeFC d’établir des contacts intéressants, assure l’entrepreneur.

Pile en papier

En numérique comme en physique, la jeune pousse deeptech compte tout d'abord sur sa solution : une petite pile dite "bio-enzymatique" composée de papier, de glucose et d’enzymes (des substances organiques issues de cellules vivantes et capables de catalyser des réactions). Une alternative qui se veut plus écologique que les usuelles piles plates, qui mobilisent des métaux lourds et dont "97% ne sont pas recyclées en raison de leur petite taille", assure Jules Hammond. 

Combinant plusieurs couches de papier et de carbone structuré, “la pile fonctionne comme une pile à combustible, mais combine deux réactions à base d’enzymes”, explique Jean Francis Bloch, directeur des opérations de BeFC et professeur à l’INP Grenoble. D’un côté de la pile, une enzyme catalyse une réaction chimique à partir de glucose et libère des électrons. A l'autre pôle de la pile, une réaction de réduction de l'oxygène capte les électrons, générant ainsi un courant électrique.

Ce positionnement  permet à BeFC de proposer une batterie flexible et sans métaux lourds, sous différents formats. Leur faible capacité (entre 5 et 10 mWh par centimètre carré selon l’utilisation) et la durée de vie limitée des enzymes (maximum un mois) est néanmoins idéale pour fournir en puissance divers petits appareils électroniques, affirment les dirigeants de la start-up. Qui citent les vêtements connectés (wearables), les capteurs de surveillance environnementale et agricole, le suivi de la logistique ou encore les dispositifs électroniques mobiles.

Vers l’industrialisation

Après une levée de fonds à hauteur de 3 millions d’euros à l’été 2020, et plusieurs partenariats de co-développement de produits avec des industriels de la pharmacie et de la logistique (dont BeFC ne dévoile pas les noms), le prochain objectif de la pépite, qui emploie une dizaine de personnes, est l’industrialisation.

D’un millier de piles par semaine actuellement à Grenoble, “nous souhaitons passer à une production industrielle de 20 000 unités hebdomadaires d’ici fin 2021”, affirme Jules Hammond, qui n’exclut pas une nouvelle levée de fonds par la suite. Un défi qui demandera de concevoir les machines nécessaire à la production de masse, et de valider la durabilité et la fiabilité de ces piles d’un nouveau genre.

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