Repousser les limites de l’impression 3D grâce… au moulage. Voici l’objectif de la start-up lyonnaise 3Deus Dynamics, à l’origine d’un procédé novateur, le moulage dynamique en milieu granulaire. Derrière ce nom obscur, un principe simplissime : imprimer les pièces dans un bac à sable, avec la promesse de dépasser les contraintes de taille et de matériaux des imprimantes 3D actuelles.
"L’effondrement des structures sous leur propre poids limite le design et la taille des pièces imprimées et demande souvent de reformuler les matériaux pour les adapter au procédé", argue Julien Barthes, cofondateur de la start-up. Selon lui, l’impression en milieu granulaire résout ces blocages. "La poudre soutient et contraint la matière à mesure qu’elle est imprimée, tout en laissant passer la tête d’impression", soulève-t-il. Ainsi, plus besoin d'adapter la viscosité des matériaux aux procédés, ni de limiter la taille des pièces fabriquées.
Matériaux silicones pour le médical
Autre avantage, la poudre qui supporte la fabrication peut fusionner avec la surface du matériau d’impression. "Cela permet de créer des matériaux antimicrobiens, conducteurs d’électricité ou encore magnétiques, énumère l’entrepreneur. Cela ouvre un champ quasi-infini sur la fonctionnalisation des matériaux." Le tout avec des cadences "dix à cent fois supérieures à celles de l’impression 3D conventionnelle et une précision de l'ordre de 50 microns", estime-t-il.
Cette technologie encore récente, protégée par deux brevets, a été inventée en 2018 par trois chercheurs de la plateforme de l’université de Lyon, 3DFab. Créée fin 2020, 3Deus Dynamics est accueillie par l’incubateur Pulsalys, qui offre avec la Région "un apport financier notable" permettant la création d’une première machine, d’une capacité d’impression de plusieurs mètres cubes, exclusivement dédiée aux matériaux silicones.
Ce matériau a été choisi afin de cibler le secteur médical. "Nous avons identifié plusieurs marchés : les implants auditifs, les semelles orthopédiques, les prothèses et orthèses, et les modèles anatomiques pour l’entraînement des chirurgiens", présente Julien Barthes. La start-up lorgne aussi sur l’auto et l’aéro, qui pourraient bénéficier de la technologie pour fabriquer des prototypes de joints ou de durites.
Développer les partenariats industriels
Déjà en discussions avec plusieurs industriels – notamment un spécialiste lyonnais des silicones – la jeune pousse de cinq personnes est en passe de finaliser une levée de fonds de près d’un million d’euros. De quoi concevoir un premier outil de production, embaucher du personnel et changer de locaux. "Bien sûr, avec la perspective d’un élargissement vers de nouveaux matériaux, comme les thermoplastiques, les céramiques ou les métaux", anticipe Julien Barthes.
Encore nichée sur la fabrication de prototypes, 3Deus Dynamics envisage d’ores et déjà la fabrication de petites et moyennes séries. Pour y parvenir, elle compte développer sa technologie en partenariat avec des industriels. Avec l'espoir d'en faire des clients.



