Grâce à sa peau recouverte de millions de chromatophores, des cellules pigmentaires, le poulpe bénéficie d’un don de camouflage. Ou plutôt d’homochromie, car il peut aussi changer de forme. Des chercheurs de l’université de Rutgers (New-Jersey) s’en sont inspirés pour développer un matériau d’impression 3D capable de changer, lui aussi, de forme et de couleur.
A base d’hydrogel, ce matériau se compose d’un muscle artificiel qui, grâce aux nanomatériaux qu’il contient, se contracte à l’exposition d’un signal lumineux. Il est recouvert d’une enveloppe extensible à base d’acide acrylique qui, elle, change de couleur selon la lumière.
Cet hydrogel, photosensible, s’imprime avec une imprimante 3D unique, conçue et fabriquée par les chercheurs. Précise, elle projette des ultraviolets pour polymériser la matière à l’échelle d’une cellule de mammifère. Assemblant ainsi les composants de cette peau artificielle, pour l’instant limitée à quelques centimètres carrés.
Ecrans et camouflages
"Les affichages électroniques sont partout, argue dans un communiqué Howon Lee, premier auteur de la publication parue dans la revue ACS Applied Materials & Interfaces. S’ils sont devenus plus fins, plus larges et plus lumineux, ils restent basés sur des matériaux rigides, ce qui limite les formes qu’ils peuvent prendre et leur manière d’interagir avec des surfaces en trois dimensions." Le chercheur envisage ainsi d’utiliser son invention pour créer des écrans innovants. Mais aussi pour développer des robots mous, ou des camouflages militaires... futuristes.



