[L’instant tech] L’agglomération Paris-Saclay se dote d'un jumeau numérique pour mieux gérer son énergie

L’agglomération Paris-Saclay a dévoilé un jumeau numérique simulable de ses 27 communes. Développé avec l’IRT SystemX et la start-up Cosmo Tech, il doit permettre d’aider à la gestion énergétique du territoire en simulant différents scénarios.  

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Vue aérienne plateau de Saclay
Composé de 27 communes, le l'agglomération Paris-Saclay s'est dotée d'un jumeau numérique, qui a demandé trois ans de développement et environ 1 million d’euros d’investissements.

Après le jumeau numérique de chaînes d’approvisionnement ou d’organes, voici celui des villes. L’agglomération Paris-Saclay, qui rassemble 27 communes au sud de Paris, a présenté mercredi 9 février Decarbonized City : un jumeau numérique de son territoire, développé avec l’Institut de recherche technologique (IRT) SystemX et la start-up spécialiste de la simulation Cosmo Tech.

Présenté comme un outil opérationnel – bien qu’encore expérimental – le logiciel doit permettre aux élus d’évaluer l’impact environnemental et financier d’un projet. Cadastre, exposition au vent et au soleil, composition des sols… 17 sources de données ont été rassemblées dans le logiciel pour permettre ces simulations.

Comparer de multiples scénarios

Présenté lors d'une conférence de presse après trois ans de développement et environ 1 million d’euros d’investissements, l’outil est « une réplique virtuelle énergétique des 27 communes », présente Paul Labrogère, directeur-général de l’IRT SystemX. « Elle est fondée sur la base de données réelles, issues de sources ouvertes et internes à l’agglomération comme le cadastre, l’implantation des bâtiments, la production et la consommation d’énergie », énumère-t-il.

Son utilité ? Par exemple – comme l’illustre une vidéo de présentation – simuler la mise en place d’un réseau de chaleur. Il est ainsi possible de définir la zone d’installation et le dimensionnement d’un réseau géothermique, puis le logiciel calcule sa rentabilité et son efficacité, permettant d’adapter le scénario en fonction de ces résultats. « Vous observez que dans 20 ans, vous aurez réduit de plus de 45% le prix de l’énergie, stabilisé la consommation d’énergie et réduit de 75% les émissions de gaz à effet de serre », félicite la voix-off.

Mais qu’en est-il face à un réseau basé sur la biomasse ? Une autre simulation et le logiciel compare les deux options, mettant en regard leurs besoins en investissements, leur impact environnemental et leur rentabilité. « Nous pouvons faire autant de scénarios que souhaité et voir leurs conséquences, argue Hugues de Bantel, directeur-général et cofondateur de Cosmo Tech. Cela permet d’opérer de manière optimale le système. »

Ouvrir les horizons avec le PIA 4

« Les débouchés de cet outil nous paraissent assez importants, émet Grégoire de Lasteyrie, président de la Communauté d'agglomération Paris-Saclay. Concrètement, nous devons finaliser le schéma directeur de notre utilisation des énergies renouvelables sur le territoire au cours de l’année 2022 : nous pourrons le faire en lien avec le jumeau numérique simulable. » L’élu de Palaiseau (Essonne) évoque d’autres usages « sur des sujets, comme le pilotage énergétique de certains bâtiments, l’implantation de datacenters, les réseaux de chaleur et la compensation carbone de la création de nouveaux bâtiments ».

Le projet intégrera des métriques inédites, comme celles issues de flux routiers, pour « créer des liens entre tous les éléments du territoire », argue le président d’agglomération. « A terme, l’ensemble des territoires pourront s’équiper », assure-t-il. Financé à moitié par le programme des investissements d’avenir (PIA) 3, le projet va être proposé au PIA 4 pour passer au stade de démonstrateur et, espère l'élu, « le mettre au service pas seulement de Paris-Saclay, mais de tous les territoires ».

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