Lasers antidrones, création d’épiderme artificiel pour les grands brûlés, camouflage électronique des véhicules blindés….Le Forum Innovation Défense, qui se tient à l’espace Champerret dans le 17ème arrondissement de Paris du 25 au 27 novembre, est l’occasion de présenter une centaine de projets innovants développés au profit des armées. Les professionnels du domaine – mais aussi le grand public au cours de la dernière journée –, pourront découvrir une grande variété de projets allant des micro-horloges atomiques permettant aux sous-marins d’avoir l’heure de façon ultra-précise et sans recalage, au dispositif d’oxygénation des chiens des forces spéciales afin de leur permettre des sauts en parachute à très grande hauteur. Focus sur cinq innovations.
1. Des lasers antidrones
C’est l’une des innovations les plus attendues du salon. Les minidrones capables de porter des charges explosives sont devenus des menaces à part entière. En partenariat avec les armées, la société Cilas a mis au point le système Helma-P, capable de détecter un appareil à trois kilomètres de distance et de le neutraliser à moins d’un kilomètre. Les tests ont été réalisés l’été dernier dans le centre technique de la DGA (Direction générale de l’armement) à Biscarosse, dans les Landes. L’équipement développe une puissance de 2 kilowatts (KW), un million de fois supérieure à celle des lasers de code-barres du commerce. L’objectif est d’avoir un démonstrateur pour les JO 2024.
DGA Installé sur un véhicule terrestre, ce système de laser antidrones pourrait participer à la protection des convois et des unités tactiques. Crédit : DGA.
2. Le camouflage électronique
La DGA développe le système Caméléon qui permet de confondre les véhicules dans leur environnement. Le système de camouflage est composé d’écrans qui tapissent le blindage du véhicule et de caméras. Grâce à un algorithme qui analyse en permanence l’environnement capté par les caméras, les écrans affichent une certaine couleur afin de rendre le véhicule le moins visible possible.
Nexter Le véhicule blindé disparaît dans le paysage. Cela est rendu possible grâce à l'affichage dynamique de motifs colorés inspiré du milieu environnant sur l'ensemble des dalles qui tapissent son blindage. Crédit : DGA & Nexter.
3. Des foils pour les zodiacs des commandos
Les armées bénéficient également de l’innovation développée dans le secteur civil. La DGA travaille sur une embarcation de transport rapide de type Zodiac équipée de foils rétractables. En faisant voler le bateau au-dessus de la surface de l’eau, les foils permettent de gagner en vitesse et en stabilité. Un outil largement attendu par les forces spéciales.
SeAir Selon la PME lorientaise SEAir, ses foils rétractables en surélevant le bateau, permettent d’amortir le choc des vagues, de générer moins de bruit et de consommer 20% de carburant en moins tout en allant 20% plus vite. Crédit : SEAir
4. De la peau artificielle pour les grands brûlés
Grâce à dix années de recherche, le service de santé des armées a développé un procédé innovant de développement d’un épiderme artificiel. Baptisé HPEBS (Human Plasma-Based Epidermal Substitute), il consiste à prélever quelques centimètres carrés de peau encore saine chez le brûlé, d’en extraire les cellules de l’épiderme et de les faire se multiplier. Selon les armées, des surfaces de 1 à 1,5 m2 de peau peuvent être produites artificiellement. Cette innovation est d’autant plus critique que le laboratoire américain qui fournit des substituts de peau épidermique a stoppé ses exportations en 2014.
Ministère des armées A partir de quelques cm2 de peau saine d’un grand brûlé, le procédé mis au point par le service de santé des armées permet de produire jusqu’à 1,50 m2 de peau artificielle. Crédit : ministère des Armées.
5. Une lance à incendie sobre en eau
Les armées présenteront également un système anti-incendie qui consomme 6 à 8 fois moins d’eau, soit environ 90 litres par minute contre 500 l/min pour les systèmes classiques. Plutôt que de l’eau, la lance incendie génère un brouillard de fines gouttelettes à très grande vitesse. Baptisé Deltae, ce système pourrait être déployé dans des environnements contraints, sur les navires, dans les sous-marins, les dépôts de munitions…
SYLVIA BOREL / BSPP Cette lance à incendie sobre en eau a été développée grâce à un partenariat entre la société française Zelup et la brigade de sapeurs-pompiers de Paris. Crédit : Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris.



