[L’instant tech] Alstom réduit le temps de livraison de ses pièces de rechange avec l’impression 3D

Le spécialiste du ferroviaire Alstom a eu recours à l’impression 3D pour fabriquer des pièces de rechange pour l’un de ses clients. De quoi réduire son temps de livraison à 48 heures, contre 45 jours avec les techniques habituelles.

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Tramway Alstom Sétif
L'utilisation de l'impression 3D a permis de résoudre rapidement un problème d'encrassement des phares de tramway.

Un avantage de l’impression 3D, en pratique. En recourant à la fabrication additive, Alstom a pu livrer des pièces de rechange à un de ses clients – le réseau de transports de la ville de Sétif (Algérie) – en seulement 48 heures, contre… 45 jours avec les procédés habituels de fabrication. Un gain de temps auquel s’ajoutent des économies de 6 000 euros, pour une douzaine de pièces de petite dimension.

Le réseau algérien faisait face à un problème : des graviers et de l’humidité s’introduisaient dans les phares avant de ses tramways, causant des dysfonctionnements. Il avait besoin de bouchons pour fermer l’orifice. "Des petites pièces en élastomère thermoplastique, qui ne coûtent que quelques centimes", détaille Yann Rageul, responsable européen de Stratasys, le fournisseur d’imprimantes 3D d’Alstom.

Progrès de la technologie

"L’impression de ces pièces n’a duré que quelques heures, relate-t-il. Dans l’autre cas, il aurait fallu passer par un sous-traitant et réaliser un moule d’injection avant de lancer la production". Un processus long de plusieurs semaines, inadapté à la fabrication ponctuelle d’une douzaine de pièces. Pour le responsable de Stratasys, cet exemple illustre bien un avantage de l’impression 3D pour la fabrication de pièces de rechange. "L’imprimante d’Alstom était à Barcelone, il a suffi d’imprimer les pièces et de les envoyer par la poste, relate Yann Rageul. Il y a un vrai gain de temps".

"Le fait d’avoir un stock virtuel et d’imprimer les pièces à la demande permet de se passer d’entrepôts entiers", ajoute-t-il. Prenant l’exemple d’un autre client du secteur ferroviaire, il détaille: "Des clients comme Siemens Mobility ont des imprimantes 3D en Allemagne, en Autriche, en Suisse… Un réseau qui leur permet d’être proches de leurs clients pour imprimer et expédier rapidement des pièces de rechange".

Grâce aux évolutions de la technologie, l’impression 3D ne se limite d’ailleurs pas à des petites pièces ou des volumes réduits. Elle permet par exemple de fabriquer des pièces de plus grande dimension, comme des accoudoirs et des conduits d’aération. Et de les certifier, grâce à l’arrivée de matériaux à plus haute valeur ajoutée. "Des matériaux comme l’Ultem 9085 se déforment peu et ne participent pas à la propagation des flammes, rappelle Yann Rageul. C’est utilisé dans le ferroviaire, mais aussi l’aéronautique".

Le tout avec une équation économique elle aussi renouvelée. "Le rythme de production est plus élevé et le coût des matériaux plus bas, ce qui permet d’obtenir un prix par pièce plus compétitif, insiste le représentant de Stratasys, qui a lancé en avril un nouveau procédé, SAF, destiné aux grandes séries. Cela ouvre à des applications plus vastes de la technologie". L’utilisation de l’impression 3D pour fabriquer des pièces de rechange devrait, elle, s’installer. 

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