De 82 à 38%. Il s’agit de la dégringolade de la part du Made in France dans l’industrie entre 1965 et 2019, selon une étude de l’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee), en partenariat avec le Conseil national de la productivité, publiée le 30 octobre.
Allongement des chaînes de valeur
Une chute qui entraîne avec elle le Made in France toutes catégories confondues (construction, énergie, agriculture, services) qui baisse de 89% en 1965 à 78% en 2019. Les autres catégories rencontrent aussi des baisses, mais l’industrie est la plus affectée. «La mondialisation a allongé les chaînes de valeur, explique Pauline Givord, cheffe du département des études économiques de l’Insee. Produire un bien peut impliquer aujourd’hui un grand nombre de pays. C’est particulièrement le cas dans l’industrie, qui a besoin de plus de matières premières et de produits intermédiaires que les autres secteurs.»
Ce constat se retrouve dans les données d’importation. Si l’Allemagne reste le plus gros exportateur en France à 12%, la Chine est évidemment le pays qui a connu l’ascension la plus fulgurante, étant responsable de 0,7% du contenu importé des produits consommés en France en 1965 et 7,3% en 2019. L’étude ne s’est pas contentée de mesurer, mais également de simuler l’effet qu’aurait le rapatriement d’activités industrielles en France sur la création de valeur ajoutée, sur l’emploi et sur l’empreinte carbone en France.
Des effets positifs pour l’économie et l’écologie
«Nous nous sommes posés la question : à demande constante, qu’est-ce qui changerait si une partie de la production était rapatriée en France ?, questionne Pauline Givord. Et nous avons observé des effets multiplicateurs.» L’implantation en France plutôt qu'à l'étranger d’une activité industrielle générant 1 milliard d’euros de valeur ajoutée induirait ainsi 2 milliards d’euros de valeur ajoutée en tout dans l'économie française, selon l’étude.

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En termes d’emploi, la même activité pourrait créer 24 400 emplois… mais seulement 10 500 directement au sein de l’activité. «Il y aurait des effets d’entraînement sur d’autres secteurs, ce qui multiplierait le nombre d’emplois créés», souligne l’économiste. L’implantation d’une activité industrielle induirait donc la création de 13 900 emplois dans le reste de l’économie. Cet effet s’observe principalement dans l’industrie agroalimentaire : une activité générant un milliard d’euros de valeur ajoutée dans ce secteur créerait jusqu’à 37 400 emplois, dont seulement 12 800 emplois directs.
Enfin, la réindustrialisation devrait également avoir des effets vertueux sur le climat, grâce au mix énergétique français. «La production française est moins carbonée que celle de ses partenaires commerciaux, donc les émissions de CO2 pour une activité identique sont plus basses en France», observe Pauline Givord. Le rapatriement d’une activité industrielle valorisée à un milliard d’euros réduirait les émissions de CO2 mondiales de 500 000 tonnes. Cependant, cette activité augmenterait les émissions de CO2 sur le territoire français. Un mal pour un bien ?



