Ce n’est pas seulement parce qu’il dirige le pays le plus peuplé au monde que le Premier ministre indien Narendra Modi assistera, en tant qu’invité d’honneur, au défilé du 14 juillet sur les Champs-Élysées. Le dirigeant doit présider en septembre la réunion annuelle du G20, le club des pays les plus riches de la planète. La cinquième puissance économique mondiale est courtisée de toutes parts.
Alors que la croissance chinoise plafonne, la sienne décolle et devrait être la plus élevée des pays du G20 pour 2023 et 2024. À ce rythme, le PIB indien devrait dépasser celui du Japon et de l’Allemagne dès 2027, selon le FMI. Le gouvernement de New Delhi compte sur la réorganisation des chaînes d’approvisionnement mondiales pour conforter sa stratégie du Make in India. Certaines multinationales ont commencé à relocaliser leurs productions depuis la Chine, comme Apple, dont environ 5 % des smartphones sont assemblés en Inde, au point de doubler en un an les exportations du secteur. Mais la montée en gamme de l’industrie du sous-continent prendra du temps.
Avant de concurrencer la Chine comme prochaine usine du monde, le pays va devoir accélérer ses réformes. Il ne pèse que 1,8% des échanges mondiaux, moins que la France. Et le manque d’infrastructures et la bureaucratie freinent le développement de ses entreprises privées. Neuf groupes indiens figurent dans le classement Fortune 500 des plus grands groupes, contre 134 en Chine.




