Le 10 juillet 2023, Foxconn annonçait son retrait de la coentreprise avec le conglomérat industriel indien Vedanta pour la mise en place à Ahmedabad, la capitale de l’Etat du Gujarat, d’un complexe de production de puces et d’écrans plats de 19,5 milliards de dollars. Pour autant, le géant taiwanais entend toujours jouer un rôle dans la construction d’une industrie de semi-conducteurs en Inde. Dans une nouvelle déclaration du 11 juillet, le spécialiste de la sous-traitance électronique, principal assembleur de l’iPhone d’Apple, revient sur les raisons de cette décision et précise ses intentions futures.
Le groupe réaffirme d’abord sa confiance dans les ambitions indiennes en matière de semi-conducteurs et son engagement à soutenir le plan « Make in India » cher au Premier ministre indien Narendra Modi. « Foxconn s'est engagé en Inde et voit le pays établir avec succès un écosystème de fabrication de semi-conducteurs robuste. Cela prendra du temps. Foxconn est entré pour la première fois en Inde en 2006 et y est toujours. Le groupe se réjouit de se développer aux côtés de l'industrie naissante des semi-conducteurs en Inde. »
Lacunes difficiles à surmonter
Le projet de complexe de production de puces et écrans plats a été annoncé en septembre 2022 par le groupe Vedanta, avec le soutien du gouvernement indien dans le cadre d’un plan d’incitations de 10 milliards de dollars dédié aux semi-conducteurs et écrans plats. Il devait être réalisé par Vedanta Foxconn Semiconductors Ltd, une coentreprise détenue à 60 % par Vedanta et à 40 % par Foxconn. Le groupe taiwanais explique vaguement les raisons de son retrait de ce projet. « Les deux parties ont reconnu que le projet n'avançait pas assez vite, qu'il y avait des lacunes difficiles que nous n'avons pas pu surmonter en douceur, ainsi que des problèmes externes sans rapport avec le projet. »
Présent dans les mines et le pétrole, Vedanta ne dispose d’aucune expérience dans les semi-conducteurs. Quant à Foxconn, il est actif dans les services de test, d’assemblage et d’encapsulation mais pas de fabrication de puces. Des discussions auraient été menées avec STMicroelectronics pour obtenir une licence des technologies de fabrication de 40 nanomètres et plus. Mais les autorités indiennes auraient jugé cela insuffisant pour garantir la viabilité du projet et exigé l’implication directe d’un fabricant reconnu de semi-conducteurs. « Construire des mégafabs à partir de zéro dans une nouvelle région est un défi », reconnait Foxconn.
Trouver un partenaire plus crédible
Voilà Vedanta revenu à la case de départ. Le groupe indien devra trouver un partenaire plus crédible à son projet, probablement un fondeur de semi-conducteurs. Le gouvernement indien évoque plusieurs candidats potentiels dont l’américain GlobalFoundries, troisième fondeur mondial de puces derrière le taiwanais TSMC et le sud-coréen Samsung. Quant à Foxconn, il ne semble pas près d’oublier son rêve de bâtir en Inde une fonderie de puces, complétée par une usine de test, d’assemblage et d’encapsulation. Lui aussi repart à la quête des bons partenaires. Il affirme travailler à la soumission d’un nouveau projet dans le cadre du «Programme modifié pour les semi-conducteurs et l'écosystème d’écrans plats» du gouvernement indien. « Nous avons activement examiné le paysage pour trouver des partenaires optimaux, écrit l'entreprise. Nous accueillons un ensemble diversifié de parties prenantes, tant en Inde qu'à l'étranger, qui souhaitent également voir l'Inde passer au niveau supérieur et peuvent compléter les capacités de Foxconn dans la gestion de la chaine logistique et la fabrication ».



