Le centre de production de ZF-PWK Mécacentre, basé à Saint-Étienne (Loire), est à l’arrêt depuis lundi 3 juillet. Un mouvement de grève à durée indéterminée, lancé par la CGT et la CFDT et très largement suivi, affecte le site de l’équipementier automobile allemand, spécialisé dans la fabrication de sous-composants de pièces de châssis (rotules de direction) par forgeage à froid. Une dizaine de jours après avoir été informés que leur actionnaire de référence n’apporterait plus d’argent pour répondre aux échéances financières de l’entreprise, les salariés ont appris que l’entreprise était en cessation de paiement.
«Mécacentre a subi de plein fouet les effets successifs de la crise du Covid-19 puis de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, explique le groupe via un communiqué. Les coûts de production ont explosé du fait de l’inflation, de la hausse du prix des matières premières et de l’augmentation soudaine du prix de l’énergie qui a été multiplié par sept depuis 2020. Par ailleurs, les ventes de véhicules neufs, principal marché de Mécacentre, ne font que stagner. En conséquence, l'entreprise accumule des pertes, lesquelles se creusent depuis des mois.»
La charge de travail insuffisante
L’entreprise présidée par Paul-Henri Cécillon dit avoir été «contrainte de déposer une demande d'ouverture de procédure de redressement judiciaire auprès du tribunal de commerce de Saint-Étienne». Les pertes cumulées de ZF-PWK Mécacentre dépasseraient les 40 millions d'euros. L’audience se déroulera ce 5 juillet à la mi-journée. 188 salariés sont concernés. «Voilà des années que l’actionnaire acceptait de reporter les pertes, mais la charge de travail n’était pas suffisante, explique Nordine Aït Zouaoua, délégué syndical CGT. J’espère que le tribunal ordonnera une période d’observation pour tenter de trouver une solution. Avec notre actionnaire que nous n’avons pas vu depuis des années ou avec un éventuel repreneur.»
Créée en 1946, l'usine Mécacentre avait été reprise en 1981 par Lemförder devenu par la suite ZF. Trois ans plus tard, le groupe allemand s'était associé à un autre groupe germanique, PWK, lui-même en difficultés financières depuis deux ans maintenant, pour reprendre l’usine stéphanoise en joint-venture. La société a réalisé un chiffre d’affaires de 22 millions d’euros en 2022, «sans produire ni marge opérationnelle, ni profit», précise la direction.
A noter que ZF se prépare à céder à Punch, un repreneur belge, son autre site industriel ligérien situé à Andrézieux-Bouthéon, près de Saint-Étienne, dédié à la production de boîtes de vitesse pour véhicules utilitaires thermiques (poids lourds et autocars) et qui emploie 330 salariés.



