«Une déception, mais aussi une petite victoire quelque part». Voilà le double sentiment, ambivalent, qui domine le 26 octobre parmi les 178 salariés de ZF-PWK Mécacentre, au lendemain de la décision du tribunal de commerce de Saint-Étienne (Loire) de placer leur entreprise en liquidation judiciaire avec effet immédiat. Placée en redressement judiciaire en juillet dernier après s’être déclarée en cessation de paiement, la filiale française du groupe allemand ZF n’a finalement pas trouvé de repreneur.
77 ans après sa création en 1946, 42 ans après sa reprise par l’Allemand Lemförder devenu ZF, la société spécialisée dans la fabrication de sous-composants de pièces de châssis et de trains avant de voitures et utilitaires par forgeage à froid va disparaître du paysage industriel.
L'occupation du site de production continue
«C’est une déception, parce que nous aurions souhaité reprendre le travail afin de pouvoir livrer nos derniers clients, mais une petite victoire, parce que tout le monde s’attendait à cette issue et nous avons, malgré tout, obtenu une petite revalorisation de l’indemnité supra-légale», estime Nordine Ait-Zouaoua, délégué syndical CGT.
Le 26 octobre, la majorité des salariés en grève depuis trois semaines a avalisé l’accord trouvé sur la base d’une indemnité d’environ 30 000 euros par salarié, plus 500 euros par année d’ancienneté, soit une enveloppe de 7 millions d’euros – alors qu’ils réclamaient 14 millions quand leur actionnaire leur proposait 5 millions. Ces sommes s’ajoutent à l'indemnité légale de licenciement dont le paiement est garanti par l’Association pour la gestion du régime de garantie des créances des salariés (AGS), financée par une cotisation patronale obligatoire pour tous les employeurs.
Les salariés de ZF-PWK Mécacentre ont aussi décidé de poursuivre l’occupation du site de production de la zone industrielle de La Chauvetière, à Saint-Étienne. «Nous resterons tant que nous n’aurons pas obtenu la garantie écrite que ces indemnités nous seraient versées, souligne M. Ait-Zouaoua. Nous voulons aussi que ZF paie à chacun les 22 jours de grève.»
Cette liquidation pourrait avoir des conséquences sur l’avenir de petites entreprises locales qui travaillaient en sous-traitance pour la filiale française du groupe allemand, alors que les salariés stéphanois se disent inquiets pour l’avenir des quelque 170 à 180 collègues du site de ZF Lemförder métal France, à Florange, en Moselle.



