L’Allemagne a lancé début juin son programme de contrats carbone pour différence (CCfD), destiné à soutenir la décarbonation de son industrie lourde. Après les Pays-Bas, c’est le deuxième État européen à mettre en place ce mécanisme financier qui permet de compenser sur 15 ans les investissements dans les technologies et les combustibles zéro carbone par rapport à l’achat de quotas d’émission de carbone sur le marché européen.
Un projet qui pourrait inspirer la France
L’appel d’offres devrait être doté d’une enveloppe proche de 50 milliards d’euros, alimentée entre autres par les recettes tirées du marché carbone européen. Les entreprises émettant plus de 1 000 tonnes de CO2 par an pourront indiquer le montant de l’aide publique dont elles ont besoin pour éviter 1 tonne de CO2. « Ce volume correspond aux émissions typiques de PME productrices d’acier, de ciment, de produits chimiques ou de verre », a chiffré Robert Habeck, le ministre fédéral de l’Économie et du Climat, pour qui « l’appel d’offres ne favorise pas uniquement les grands groupes ».
Selon les estimations du ministère, les contrats carbone pour différence pourraient contribuer à une économie de 350 mégatonnes de dioxyde de carbone d’ici à 2045, ce qui représente près du tiers de l’objectif du secteur de l’industrie à cette échéance. Le ministère espère enclencher un effet boule-de-neige sur toute la chaîne de valeur. « Les projets soutenus généreront un nouveau savoir-faire dans le développement et la construction de machines et d’installations innovantes, dans la gestion intelligente de l’électricité, dans les énergies renouvelables... Cela fera baisser les prix de ces technologies neutres et profitera à toute l’économie allemande et européenne », espère Robert Habeck. La France a prévu aussi de recourir aux contrats pour différence pour décarboner son industrie. Une enveloppe de 4 milliards d’euros y est réservée dans France 2030.

Vous lisez un article de L'Usine Nouvelle 3720-3721 - Juillet/août 2023



