Effondrement des commandes, transition accélérée vers le véhicule électrique… Pour amortir le choc de la crise et permettre aux entreprises de rebondir, le gouvernement a mis en place à l’été 2020 deux fonds de modernisation dédiés au secteur aéronautique et automobile. Avec succès. Le gouvernement a publié, jeudi 18 novembre, la liste des 98 derniers lauréats des deux fonds financés par le plan France Relance. Parmi ceux-ci, 53 projets concernent l’automobile tandis que 45 projets ont été portés par des entreprises du secteur aéronautique.
Franc succès dans l'aéro
«Les fonds de soutien dédiés ont connu un vif succès avec plus de 2100 candidatures reçues. Ils ont permis de diversifier l’activité des entreprises lauréates, de moderniser leurs équipements productifs et de les accompagner vers la transition environnementale», se félicite la ministre de l’industrie Agnès Pannier-Runacher. Au total, 788 entreprises ont bénéficié de 654 millions de subventions afin de moderniser leurs équipements ou de se diversifier vers de nouveaux débouchés. Ces aides ont permis de générer 1,74 milliard d’euros d’investissements industriels.

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Le dispositif a été particulièrement plébiscité dans l’aéronautique. En un peu plus d’un an, la quasi-intégralité de l’enveloppe initiale de 300 millions d’euros destinée au secteur a déjà été engagée. 293 millions d’euros d’aides ont profité à 385 entreprises aéronautiques, alors que le fonds de modernisation est censé se prolonger jusqu'à fin 2022. Doté de 600 millions d’euros pour 2021-2022, le fonds de modernisation de l’automobile a quant à lui fléché 361 millions d’euros vers 433 projets lauréats. «Mais le secteur automobile a bénéficié d’autres mesures de soutien dans le plan de relance, notamment par le biais du Coram» chargé de financer la R&D de la filière, pointe-t-on au cabinet de la ministre de l’industrie.
Forte présence des PME
Les PME sont les principales bénéficiaires, comptant pour 59 % des lauréats, loin devant les ETI (23 %) et les grands groupes qui ont capté 18 % des projets. Sans surprise, les régions dont le tissu industriel est fortement tourné vers l’aéronautique (Occitanie, Nouvelle Aquitaine) ou l’automobile (Auvergne Rhône-Alpes, Grand-Est, Bourgogne-Franche Comté), concentrent le plus de projets.
Parmi les 98 nouveaux projets, une partie vise à renforcer la compétitivité des usines, par l'automatisation et la digitalisation de la production. Les entreprises défendent aussi des projets de relocalisation à l'image de Goupil industrie qui prévoit de rapatrier à Bourran (Lot-et-Garonne) la fabrication de portes pour ses véhicules utilitaires électriques, jusque-là fabriqués à l’étranger. Le décolleteur BPM va investir dans de nouvelles machines pour réinternaliser des productions sous-traitées à l’étranger, tandis que Aptiv prévoit de relocaliser sur son site d’Epernon (Eure et Loir) l’assemblage de certains connecteurs de puissances pour les véhicules hybrides et électriques.
Dans l’automobile, un des grands enjeux des PME et ETI est de se repositionner vers le véhicule électrique. Dans la Drôme, le fabricant de voitures sans permis Aixam Mega veut construire une nouvelle usine pour augmenter de 30 % ses capacités de production de véhicules électriques. St@tec développement veut construire une usine d’assemblage de packs de batterie lithium pour des véhicules de livraison et des vélos électriques notamment.
Les entreprises ont aussi financé des projets de décarbonation de leur production ou de réduction de l’impact environnemental, comme ceux portés par Constellium à Ussel (Corrèze), qui vise à recycler le sable utilisé par le moulage des pièces de fonderie. Une nouvelle salve de lauréats doit encore être annoncée début 2022.



