Ce que prévoient les 99 nouveaux bénéficiaires du fonds de modernisation de la filière automobile

Les entreprises de la filière automobile française se saisissent des dispositifs de soutien à la modernisation mis en place par l’Etat, dans le cadre du plan France relance. Plus de 800 dossiers ont été déposés.

 

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usine Bluebus a Ergue-Gaberic
L'usine Bluebus à Ergué-Gaberic (Finistère) fait partie des bénéficiaires du Fonds de modernisation de l'auto.

Transition vers l’électrique et l’hydrogène, connectivité, autonomie et maintenant pénurie de composants électroniques… Au-delà de la crise sanitaire, l’industrie automobile est confrontée à de multiples bouleversements. Pour accompagner cette transition à marche forcée, le gouvernement a mis en place fin mai 2020 un Fonds de modernisation de la filière, dans le cadre du plan France relance. Un dispositif plébiscité par les acteurs du secteur.

A la mi-février, plus de 800 dossiers ont été déposés. 248 lauréats ont été retenus (la validation se faisant au fil de l’eau), dont la moitié sont des PME, un quart des ETI et un dernier quart des grands groupes (comme Renault, Toyota, Saint-Gobain, Plastic Omnium, ArcelorMittal, Lear, la filiale du groupe Bolloré BlueBus, Constellium, Novares…) Ils ont reçu 243 millions d’euros d'aides, pour des projets représentant plus de 600 millions d’euros d’investissements. L’Etat a prévu de consacrer 600 millions d’euros à ce fonds de modernisation automobile d’ici à 2023.

Plusieurs vagues de projets lauréats, portés par 151 entreprises, avaient été annoncées en 2020. En ce début d'année, 99 entreprises de plus, portant 97 projets, viennent d’être jugées éligibles. Elles totalisent plus de 264 millions d’euros d’investissements productifs et seront soutenues à hauteur de 95 millions d’euros par l’Etat. Les projets sont concentrés dans les principaux bassins d’emplois des sous-traitants automobiles : Île-de-France, Nord, Grand-Est, Bourgogne-Franche-Comté, Rhône-Alpes et Pays de la Loire. Leurs projets peuvent être classés en quatre grandes catégories : relocalisation, innovation, décarbonation et modernisation des lignes de production. Le coup de pouce de l'Etat doit permettre aux industriels du secteur de maintenir leur compétitivité face à une concurrence internationale accrue (souvent grâce à la robotisation de certains procédés) et de trouver de nouveaux débouchés, parfois au-delà de l’automobile.

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Des PME et ETI entendent développer des matériaux allégés innovants, pour participer à la réduction des émissions de CO2 des modèles. A l'instar de l’ETI STS Composites basée en Ardèche. Ce fabricant de pièces de carrosserie imagine de nouveaux modules de face avant pour grands camions aux performances aérodynamiques avancées. Ou Pyle Industries, installé à Servance (Haute-Saône), qui veut adapter ses lignes de production pour produire des rails de fixation de moteurs en aluminium et non plus en acier, afin de répondre aux exigences d’allègement du marché du moteur électrique et hybride. Sodefit, PME de Sermaises, dans le Loiret, va développer, industrialiser et fabriquer une nouvelle traverse planche de bord et des pièces de structure  tout aluminium pour un futur véhicule électrique de Renault.

Hydrogène et relocalisations

Plusieurs PME et ETI veulent aussi s’emparer du marché prometteur de l’hydrogène, comme Gaussin en Haute-Saône ou Besacier, situé à Corbas, dans le Rhône,, qui veut développer un design de plaque bipolaire pour les piles à combustible. Enfin, des pépites françaises se saisissent de l’appel à projets pour relocaliser certaines productions. Le fabricant de motos Sherco veut rapatrier à Nîmes (Gard)  la fabrication des boîtes de vitesse. Le site Sovab de Batilly (Meurthe-et-Moselle) envisage d’internaliser l’activité d’assemblage des batteries électriques du Renault Master.

Le gouvernement maintient ouvertes les candidatures jusqu’au 1er juin 2021, avec deux dates successives de relève de dossiers prévues au premier semestre : le 31 mars et le 1er juin. Les modalités de candidatures sont disponibles sur ce lien.

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