L'Usine Nouvelle. - Qu’est-ce que le système «d’échange de droits à consommer de l’énergie» évoqué par la Première ministre Elisabeth Borne lors de son discours lundi 29 août devant les représentants du Medef, et sur lequel travaille France industrie?
Alexandre Saubot. - Ce serait un dispositif à mettre en œuvre si les efforts d’économies d’énergie ne suffisaient pas, et en fonction de la disponibilité des énergies. Aujourd’hui, on ignore ce dont on disposera comme gaz et quelle sera la disponibilité du parc nucléaire pour produire de l’électricité. On ne sait pas non plus si les plans de sobriété des entreprises parviendront à compenser. Mais on ne peut pas exclure un scénario où l'on serait obligé d’entrer dans une logique de rationnement. A ce moment-là, il faudra allouer une ressource rare et le faire au plus près des besoins du terrain, en échangeant entre entreprises et filières.
Cela correspond-il aux dispositifs d’effacement déjà existants?
Non, l’effacement permet de travailler sur les pics de consommation, l’écrêtement à un moment donné. Il s’agit de décaler de quelques heures sa consommation énergétique. Là, on parle vraiment d’une situation où l'on serait en déficit de ressources énergétiques.

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Quelle forme cette initiative pourrait-elle prendre?
Tout est encore en réflexion, mais on peut imaginer un lieu, une plateforme, où ceux qui ont moins de besoins en énergie, de gaz par exemple, le transféreraient à une autre entreprise. Mettons que le gouvernement dise tout le monde aura -5% de gaz par rapport à l’année précédente, mais qu'une entreprise ait des besoins en baisse de 15% parce qu'elle a décidé de réduire sa production volontairement ou qu’elle manque de certains composants ou parce qu'elle a des équipements moins énergivores... Elle pourrait alors céder une partie de ses droits à consommer.
Faut-il que ces droits soit cédés à titre gratuit ou les valoriser, comme dans le système des crédits carbone ?
Il est évident qu’une valorisation monétaire est une puissante incitation à participer au système. Mais, je le répète, tout est à imaginer, les seuils, les droits… C’est complexe. Nous y travaillons avec les ministres de l’Industrie et de la Transition énergétique. Mais l’idée simple qui est derrière, c’est de trouver la meilleure allocation possible du rationnement.



