[Idée verte] Vegskin mise sur les déchets de bananes et de mangues pour produire un «cuir» végétal

La start-up Vegskin valorise mangues et bananes provenant du port de Dunkerque pour remplacer le cuir. La jeune entreprise prépare son pilote pour la fin d’année.

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La startup Vegskin remplace le cuir grâce aux déchets de mangues et de bananes
Biodégradable et résistante, la matière issue de mangues et de bananes est souple et facile à travailler.

Utiliser la mangue et la banane comme alternative au cuir animal, c’est l’idée de Vegskin, une jeune entreprise située à Wattrelos (Nord) dans l’agglomération lilloise. Les deux fondateurs, Loïc Debrabander et Anaëlle Picavet, mûrissent l’idée depuis une dizaine d’années. Ils misent sur ces fruits pour produire un matériau avec une empreinte carbone neutre. « Nous proposons un produit 100% biosourcé issu de la valorisation de déchets », détaille Loïc Debrabander, qui ajoute que son matériau ne comportera aucune trace de pétrochimie. « C’est dans notre cahier des charges », assure le dirigeant.

Les pré-séries sont prévues pour la fin de l’année. Des marques de luxe, de la mode et du sport ont déjà témoigné leur intérêt pour ce matériau. Biodégradable et résistante, la matière est souple et facile à travailler. Les premières applications sont envisagées pour des pièces de maroquinerie et des chaussures. A plus long terme, l’entrepreneur projette d’attaquer l’automobile et l’ameublement.

La startup Vegskin remplace le cuir grâce aux déchets de mangues et de bananesVegskin
La startup Vegskin remplace le cuir grâce aux déchets de mangues et de bananes La startup Vegskin remplace le cuir grâce aux déchets de mangues et de bananes

Des déchets livrés par bateaux

Pour produire ce « cuir » végétal, Vegskin se source auprès du port de Dunkerque. Les mangues et bananes trop mûres ou ayant subi la chaleur du transport constituent la matière première de la start-up. « Nous apportons une nouvelle alternative à la valorisation de déchets », explique Loïc Debrabander. Actuellement, « 3 à 4% de ces produits sont redistribués aux associations et plus de 50% sont enfouis ou incinérés », affirme le chef d’entreprise.

S’il ne dévoile rien du process, encore en phase de R&D, Loïc Debrabander indique être en réflexion avec des industriels pour utiliser la chaleur fatale et éviter le recours direct aux énergies fossiles. La solution ne consommera pas d’eau. Une quinzaine de kilos de fruits produira 1m² de matière.

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Un déménagement au plus près du gisement

Du sourcing à la production en passant par le transport, le couple d’entrepreneur avance étape par étape. Après avoir été lauréate d’un appel à projets organisé par Baudelet Environnement en 2021, Vegskin prépare le futur. La recherche de financement et la montée en compétence technique est au cœur des préoccupations. « Nous montons des dossiers. On sollicite des aides comme celles de la BPI, de la région ou de l’Ademe », assurent les jeunes entrepreneurs.

Dans les mois à venir, le couple accueillera de nouvelles compétences dans les domaines de la chimie verte et des matériaux biosourcés. L’activité, actuellement implantée dans le garage familial, devrait aussi déménagée pour se situer au plus près des gisements. Après la mangue et la banane, d’autres ressources sont même envisagées, dont des légumes.

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