Comment développer à large échelle des parcs solaires sans créer de conflits d’usage avec l’agriculture ou l’environnement ? La jeune direction de l’innovation de la Compagnie nationale du Rhône (CNR, filiale d'Engie), créée en 2017 pour innover dans le domaine de la maintenance hydroélectrique, les énergies renouvelables mais aussi des alternatives au glyphosate, a peut-être trouvé une idée. Une solution qu’elle commence à tester sur les berges du Rhône à la hauteur de la Commune de Sablons (Isère). La CNR, a installé là son premier démonstrateur de parc photovoltaïque linéaire bifacial vertical. Tout en longueur, il aligne les panneaux au kilomètre plutôt que sur un rectangle.
Elle a déployé sur 350 mètres, le long du canal d’amenée de l’aménagement CNR de Péage-de-Roussillon, un parc de 104 kWc (kilowatts crête) de panneaux photovoltaïques biface verticaux, avec un micro onduleur qui transforme sur place le courant continu produit en courant alternatif basse tension, moins dangereux, le public ayant accès aux panneaux. Pour ce démonstrateur, des panneaux assemblés par le français Voltec Solar étaient prévus, mais entre les retards administratifs et la pandémie, ce sont finalement des panneaux du chinois Trina, qui ont été installés.
Trois démonstrateurs
Le démonstrateur, connecté au réseau en décembre 2021, bénéficie d’un contrat d’achat d’électricité de vingt ans, dans le cadre d’un appel à projets de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) de 2018. Il va servir à réaliser des mesures précises de production durant trois ans avec le CEA, mais aussi à observer comment cela se passe avec les usagers de la digue, l’acceptation... "On n’est pas à l’abri de vandalisme, même si les panneaux sont enchâssés dans une structure indémontable et que les câbles sont totalement intégrés puis enterrés sous les socles en béton. Le démonstrateur profite également de l’installation de vidéosurveillance du site hydroélectrique à proximité", explique Frédéric Stocke, directeur transition énergétique et innovation de CNR.

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L’objectif de ce démonstrateur est de valider des solutions technologiques jusque-là principalement utilisées sur des installations beaucoup plus petites ou en agrivoltaïsme. Il vise aussi, voire surtout, à préparer le défi des grandes longueurs. La CNR voudrait en effet valoriser les 400 km de digues du fleuve Rhône dont elle est concessionnaire. "Ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir en installer sur 10, 15, 20 km. On n’y est pas tout de suite. Il y a encore des verrous technologiques que l’on explore sur des terrains plus courts", explique le directeur innovation de CNR.
Pour valoriser berges, voies ferrées, aéroports...
Pour lever ces verrous, CNR a prévu deux autres démonstrateurs. L'un, de 1MWc, doit être mis en service en 2023 sur un tronçon de la ViaRhôna, avec 1,5 km de panneaux photovoltaïques sur ombrières. Mais cette fois en courant continu. Les parcs solaires ont généralement un seul point de connexion, mais sur de grandes longueurs de câble, il faut trouver une solution pour réduire les pertes d’énergie. CNR travaille avec le CEA sur les évolutions de la technologie, comme la montée en tension des panneaux (moyenne tension) à 3000 volts.
Un troisième démonstrateur doit valider sur 20 km un mix de solaire biface, sur toitures et en parement sur digue ou berge. D’une puissance de 20 MWc, il doit être mis en service en 2025. "Si nous avons fait seuls les deux premiers démonstrateurs de Sablons et ViaRhôna, nous cherchons un partenaire pour le troisième, précise Frédéric Stocke. On pourrait en effet installer cette technologie le long de voies ferrées, de routes, de pistes d’aéroports. C’est quelque chose que l’on ne veut pas garder pour nous." La SNCF a été approchée.



