Réconcilier écologie et économie ? C’est possible, assure Boris Johnson. Le Royaume-Uni est déjà précurseur dans l’usage d’une taxe carbone à 18 livres la tonne de CO2, pour sortir du charbon et permettre aux Britanniques de respirer un peu mieux.
Le pays veut aujourd’hui faire de la lutte contre le réchauffement climatique un relais de croissance pour son économie, qui ne pourra plus compter quasiment que sur elle-même une fois le Brexit dûment consommé. Et pour cela, le gouvernement de Boris Johnson a mis au point un plan « pour une révolution industrielle verte » en dix points. Et c’est le Premier ministre lui-même qui le défend et pas un ministre de l’environnement qui doit batailler en permanence avec ses confrères. Cela change tout.
12 milliards de livres pour 250 000 emplois verts
Ce qui change aussi, c’est qu’il s’agit d’un plan industriel, en dix points, qui affiche des objectifs et moyens clairs pour 2030. Le gouvernement va investir 12 milliards de livres, qui devraient déclencher plus du triple d’investissements privés. Avec un objectif clair, créer ou soutenir (convertir ?) jusqu'à 250 000 emplois verts hautement qualifiés au Royaume-Uni, dont 50 000 dans le bâtiment vert, 60 000 dans l’éolien offshore, 10 000 dans le nucléaire. Et le plan cible clairement les grands centres industriels du Royaume-Uni, notamment dans le nord-est, le Yorkshire et le Humber, les West Midlands, l'Écosse et le Pays de Galles.

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Fin du véhicule thermique dès 2030
Ce plan affiche surtout des priorités industrielles claires, en rupture avec celles de ses voisins européens. Sans surprise, il prévoit pour 2030 un soutien à l’éolien offshore pour atteindre 40 GW de capacité installées, à la rénovation énergétique des bâtiments avec l’installation de 600 000 pompes à chaleur, aux nouvelles mobilités douces, à la navigation et l’aviation zéro carbone et aux véhicules électriques, avec un détonant objectif d’interdire la vente de véhicules thermiques dès 2030 accompagné de soutiens aux bases de production automobile dans les West Midlands, le Nord-Est et le Nord du Pays de Galles est prévu pour accélérer la transition vers des véhicules électriques. 1,3 milliard de livres sterling seront consacrés au déploiement de points de recharge, 582 M£ pour la subvention à l’achat de véhicule électrique et 500 M£ pour la production à grande échelle de batteries.
Première ville chauffée à l'hydrogène
Désormais incontournable, le plan industriel vert de Boris Johnson prévoit aussi l’installation de 5GW de capacités de production d’hydrogène à faible teneur en carbone, pour l'industrie et les transports, mais aussi pour l'électricité et les foyers. Le Royaume-Uni veut disposer de la première ville entièrement chauffée à l'hydrogène d'ici la fin de la décennie. Jusqu'à 500 millions de livres sterling d’investissements sont prévus, dont 240 M£ pour la production d’hydrogène.
525 millions de livres pour un nouveau nucléaire
La vraie rupture figure dans deux autres points, le nucléaire et la capture de CO2. Le pays renouvelle l’engagement dans l’atome, avec un soutien de 525 M£ au développement de centrales et au développement des nouveaux réacteurs modulaires avancés ou SMR (small modular reactor). Et il veut devenir un leader mondial dans le captage et le stockage, avec l'objectif d'éliminer 10 millions de tonnes de dioxyde de carbone d'ici 2030, soit l'équivalent de toutes les émissions actuelles du site industriel Humber.
Devenir leader du CCUS
Alors que la Norvège est pionnière dans le stockage sous-marin, le Royaume-Uni veut être à l’avant-garde dans les technologies de captage et d’utilisation du CO2. Un milliard de livres seront investis avec un premier soutien de 200 M£ pour créer deux groupes de captage du carbone d'ici le milieu des années 2020, et deux autres groupes devraient être créés d'ici 2030 dans les régions industrielles comme Humber, le Teesside, le Merseyside, Grangemouth et Port Talbot.
Enfin, le plan prévoit la plantation de 30 000 hectares d’arbres chaque année et le développement de technologies de pointe pour faire de la City de Londres le centre mondial de la finance verte.



