Séquence « start-up industrielles » pour le gouvernement. Alors que la ministre déléguée en charge de l’Industrie, Agnès Pannier-Runacher, et le secrétaire d’Etat en charge du Numérique, Cédric O, vont inaugurer ce jeudi 2 septembre en Isère un nouveau site industriel dédié aux écrans plats avec la start-up Aledia, l’Inspection générale des finances et le Conseil général de l’économie leur ont remis le mercredi 1er septembre un rapport visant à identifier les leviers de développement des start-up industrielles en phase d’industrialisation. La mission a élaboré un modèle d’accompagnement à trois niveaux qui prévoit chaque année la détection de 300 à 400 projets de start-up susceptibles de passer en production en France, l’aide à la production pour 100 dossiers d’industrialisation par les régions et Bpifrance et l’accompagnement par la French tech de 40 projets de production.
C’est l’aboutissement d’une mission démarrée en décembre 2020 et menée notamment auprès de 23 start-up industrielles, c’est-à-dire (selon les critères des auteurs de l'étude) des "PME et ETI innovantes de moins de 15 ans avec une production en série de biens matériels". A la clé : une dizaine de propositions pour faciliter leur financement, l’implantation de sites industriels et leur accompagnement extra-financier. « Le gouvernement les prendra en compte dans ses travaux à venir », indique-t-on au sein du cabinet d’Agnès Pannier-Runacher.
L’enjeu est de taille pour renforcer la souveraineté économique du pays. En France, il existe environ 1 500 jeunes pousses à vocation industrielle, ce qui représente 12% de l’ensemble des start-up, selon le rapport. Ces jeunes entreprises, pas forcément rentables, sont présentes sur des secteurs stratégiques, comme les technologies médicales, l’électronique, la robotique ou encore l’énergie. Leur potentiel d’industrialisation fait d’elles des outils « de reconquête industrielle, au même titre que l’attractivité de la France », ajoute-t-on au cabinet de la ministre déléguée.
Revitaliser des territoires et créer des emplois

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Près de deux tiers des start-up industrielles (62%) ont leur siège hors de la région Ile-de-France, alors que 70% des start-up du numérique sont implantés en région parisienne. Pour le gouvernement, ces entreprises ont donc la capacité de revitaliser certains territoires, voire d'y recréer des emplois. Selon le cabinet de Cédric O, la croissance annuelle du nombre d’emplois dans les start-up industrielles est de 26% en moyenne. Celles faisant partie de la promotion 2021 de la French Tech Next120 (24% des 120 start-up de ce programme d’accompagnement en capacité de devenir des leaders technologiques de rang mondial) pourraient par ailleurs générer 3 000 emplois d’ici 2025 et 10000 d’ici 2030. A titre d’exemple, Ynsect, le spécialiste des protéines d’insectes pour l’alimentation animale pourraient générer jusqu’à 300 emplois directs et 200 emplois indirects d’ici 2025.
Certes, une très large partie des start-up industrielles ont déjà reçu des aides de l’Etat, grâce au quatrième programme d’investissement d’avenir (PIA) doté de 20 milliards d’euros sur cinq ans, et matérialisé dans l’appel à projets pour la résilience de l’économie dans le cadre du plan France relance ou encore le plan Deeptech de 2019 et son budget de 2,5 milliards d’euros sur cinq ans. Mais la mission commandée par le gouvernement identifie une série d’obstacles qui doivent encore être levés selon elle : difficultés à trouver des capitaux dits « patients » pour financer dans la durée des démonstrateurs et premières usines, blocages administratifs lors de l’implantation de sites de production, peu d’offres de préparation à l’industrialisation… Ces obstacles intervenant donc au moment de l’industrialisation, la phase de transition entre la R&D et le fonctionnement d’une industrie établie.
La mission recommande de reconduire le fonds SPI
Côté financement, le rapport propose dans un premier temps de reconduire le fonds de Sociétés de projets industriels (SPI), géré par Bpifrance et alimenté par le PIA, qui doit être clôturé fin 2021. Celui-ci réalise des investissements à partir de 10 millions d’euros dans des projets d’usines. La mission estime que son dimensionnement doit être au moins équivalent au premier fonds, soit 700 millions d’euros au minimum. Et que son ticket minimum soit abaissé à 5 millions d’euros.
Le SPI n’intervenant « qu’au stade de la première usine », le rapport préconise de lancer un fonds de reconquête industrielle alimenté en partie par des grandes entreprises et ETI du secteur pour augmenter les fonds propres des start-up afin de financer des démonstrateurs. Il soumet aussi l’idée d’une « poche industrie » de 100 millions d’euros pour que Bpifrance soutienne des fonds d’investissement avec un intérêt et une expertise pour l’industrie. Ou encore d’un « prêt industrialisation » d’un montant maximum de 3 millions d’euros par projet, cumulable avec les autres instruments de prêt de Bpifrance, pour apporter du financement en dette.
Pas de calendrier précis
Autre proposition, concernant l’implantation de sites industriels cette fois : la mise en place dans des domaines où l’innovation se heurte à une réglementation inadaptée, qui seraient identifiés par les comités de filière, de « bacs à sable réglementaires » qui permettraient aux entreprises de tester leurs produits sans passer par une procédure de dérogation.
Pour le moment, le cabinet de Cédric O indique que « ce rapport va nourrir des réflexions au sein du ministère et plus généralement du gouvernement ». Sans donner plus d’informations sur les recommandations particulièrement étudiées ou le calendrier de ces travaux.



