Friches, industrie 4.0, rénovation thermique... Les réussites du plan de relance

Près de 5 milliards d'euros de crédits ont été redéployés au sein du plan de relance de 100 milliards d'euros. Objectif : renforcer les mesures dont la montée en charge a été la plus rapide. 70 % du plan de relance devrait être engagé à la fin de l'année.

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Sequens dispose d'une plateforme scientifique de 34 000 m² dont 2 000 de surfaces de laboratoire à Porcheville.
Seqens a bénéficié de plusieurs aides du plan France relance pour investir dans ses usines en France.

Avant de définir le futur plan d’investissement, annoncé par Emmanuel Macron et prévu pour la rentrée, Bercy veut d’abord se concentrer sur le plan France relance. Et accélérer son déploiement. A mi-juillet, près de 40 milliards d’euros ont été engagés sur l’enveloppe de 100 milliards d’euros prévue jusqu’en 2022, selon le bilan établi par le troisième comité de suivi du plan de relance. « L’objectif est d’atteindre 70 milliards d’euros à la fin de l’année », rappelle Matignon, en ligne avec la cible initiale. Les décaissements réels sont moins rapides, avec 26 milliards d'euros seulement déjà injectés dans l'économie. 

Un plan de relance légèrement augmenté

Depuis juin, la baisse de 10 milliards d’euros des impôts de production est devenue concrète pour les industriels, qui ont reçu leur acompte de CVAE (cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises) et de CFE (cotisation foncière des entreprises). Plusieurs mesures sont montées en charge plus vite que prévues. Début mars, un milliard d’euros supplémentaire ont ainsi été fléchés vers les différents dispositifs de soutien à l’industrie. L’enveloppe dédiée à la numérisation des PME a été gonflée de 600 millions d’euros et près d’une sur trois en a bénéficié pour financer des équipements de production numérique ou des robots. Malgré la rallonge budgétaire, le guichet a dû être refermé dès mi-mai. 400 millions d’euros ont aussi été ajoutés pour soutenir les projets d’investissements de modernisation des industriels, notamment dans les territoires. Au total, en un peu moins d’un an, 1730 entreprises industrielles ont ainsi bénéficié de 1,5 milliard d’euros d’aides à la modernisation dans le cadre du plan France relance.

Autre succès : le fonds pour réhabiliter les friches industrielles, doté au départ de 300 millions d’euros, a dû doubler de taille, avec 350 millions d’euros de crédits supplémentaires. « Cela permettra d’annoncer de nouveaux lauréats à l’automne », souligne Matignon, alors que 550 dossiers sont déjà remontés. Quant à « Ma prime renov’ », pour financer la rénovation thermique des logements des particuliers, elle a enregistré 380 000 dossiers depuis janvier, contre 190 000 pour toute l'année 2020. Pour maintenir le rythme jusqu’à la fin de l’année, 2,4 milliards d’euros supplémentaires vont devoir être fléchés sur le dispositif. Deux milliards d’euros supplémentaires devraient être financés par le prochain budget pour 2022.

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Peu de recours à l'activité partielle et au renforcement des fonds propres

Ce devrait être le seul coup de pouce supplémentaire au-delà des 100 milliards d’euros de l’enveloppe initiale du plan de relance. Le gouvernement compte financer le reste par des redéploiements au détriment des mesures les moins avancées. Au total, 5 milliards d’euros vont ainsi être réaffectés au sein de France relance. « Il n’y a pas eu de mesures qui n’ont pas fonctionné au point de les annuler », souligne-t-on à Matignon. Certains dispositifs ont rencontré moins de succès que prévu, du fait du maintien des mesures d’urgence jusqu’à l’été, nouvelle vague épidémique oblige. Le moindre recours à l’activité partielle de longue durée (APLD), plus contraignante à mettre en œuvre pour les entreprises que le chômage partiel sans être plus avantageuse, a permis de dégager des marges de manœuvre.

Les dispositifs de prêts aux entreprises ont aussi été peu demandés. Là aussi parce que les entreprises ont préféré faire le plein de PGE, dont les taux sont plus avantageux que les prêts participatifs lancés en avril, pour lesquels le gouvernement avait bloqué 3 milliards d’euros, et qui peinent à décoller pour l’instant « Les mécanismes de renforcement du bilan sont moins appelés que prévu », remarque Bercy. Le gouvernement a aussi révisé à la baisse le coût de la prime à la conversion automobile pour 2020 à cause de la baisse plus forte qu’anticipée des ventes automobiles l’an dernier.

Pour accélérer le rythme d’ici la fin de l’année, le gouvernement prévoit également de simplifier et de renforcer la territorialisation de la mise en œuvre du plan. Les préfets ont fait remonter des propositions du terrain pour améliorer l’accessibilité, notamment pour les PME, et déconcentrer davantage les décisions. « Le plan de relance est l’occasion de faire évoluer l’Etat pour le rapprocher du terrain », estime-t-on à Matignon. Le gouvernement va devoir aussi l'articuler avec le plan d'investissement. « Il s'agissait avec la relance de rattraper en deux ans le terrain perdu. La logique est un peu différente et plus long terme », explique Matignon, qui réfléchit à renforcer « l'effort sur certains secteurs où l'accélération technologiques est très forte », comme les semi-conducteurs et l'automobile. 

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